ÉLOGE DE H. DE SENAKMONT
site de vérifications et de preuves. Aucune des substances qu'il a obtenues n'est admise par lui que sur le témoignage de deux ou trois analyses concordantes. Il y joint les démonstrations tirées de la forme cristalline et des propriétés optiques, et la réunion de ces diverses méthodes qui, par leur accord, le conduisent à la certitude, fait de son travail un modèle de logique et de rigueur scientifique.
Tels étaient, avec quelques autres de non moindre importance, les titres scientifiques de de Senarmont lorsque Beudant mourut, en 1851 ; ils auraient suffi à justifier aux yeux de tous sa nomination à la place devenue vacante dans la section de minéralogie de l'Académie des Sciences, si depuis longtemps l'opinion publique n'avait désigné pour la remplir un autre ingénieur d'un rare talent, sorti comme lui des premiers rangs de l'École Polytechnique, remarqué comme lui pour l'élévation de ses vues et la variété de ses connaissances, et qui, comme lui enfin, bon, loyal et aimé de tous, avait réussi à montrer beaucoup de mérite sans se faire un seul ennemi.
Bien des raisons militaient en faveur d'Ëbelmen; il était, quoique plus jeune, plus anciennement connu dans la science . . Ses recherches théoriques le plaçaient au premier rang des chimistes contemporains, et ses études persévérantes sur les gaz des hauts fourneaux avaient préparé et guidé une importante révolution métallurgique.
L'Académie hésitait entre ces deux talents de premier ordre qu'elle comptait déjà tous deux au nombre de ses illustrations à venir. Qui aurait pu croire, en effet, en les voyant jeunes, actifs, pleins de vie»
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qu'elle devait perdre Tan si rapidement, sans avoir jamais possédé l'autre?
. De Senarmont fut nommé par vingt-neuf voix contre vingt-cinq données à son concurrents Trois mois après, nous suivions le convoi d'Ebelmen ; on déplora sur sa tombe, en termes éloquents, cette carrière si belle et si rapidement brisée ; bien des paroles émues furent échangées par les amis qui venaient de le perdre ; on rappela sa récente candidature, on le plaignit d'avoir rencontré un concurrent tel que dé Senarmont, mais à ce moment suprême, si peu fait cependant pour la stricte équité, on ne parla pas d'injustice.
Les membres de l'Académie, qui chaque jour pouvaient mieux apprécier le mérite de leur nouveau confrère, comprenaient que pour un tel homme les portes doivent s'ouvrir dès que les circonstances le rendent possible; mais de Senarmont, dont la justice courtoise n'avait jamais contesté les titres de son concurrent, regretta sincèrement, dans sa généreuse modestie, une victoire trop chèrement achetée si elle avait dû attrister les derniers jours d'une vie entourée jusque*là de tous les bonheurs, accoutumée à tous les succès.
Pendant ces dix dernières années, hélas, si rapidement écoulées, nous avons vu en de Senarmont un académicien accompli ; son zèle toujours soutenu, son érudition toujours prête, sa sciencç exacte et profonde, lui donnèrent rapidement une grande influence. 11 ne l'avait pas désirée, mais il en accepta les charges comme un devoir, auquel il ne lit jamais défaut. . Il avait été nommé sU(3cegsivemdTit membre de là commission des machines à vapeur, professeur de