‹ Éloges. Avec une introd. et des notesChapitre 19 sur 40 · ÉLOGE 1)K 1) A KG EN SON. 16Î · texte numérisé non relu

ÉLOGE 1)K 1) A KG EN SON. 16Î

411»' If tcii nii. If lit l'iilnT ilaiis le.- plus iniiunliiiiles afiaires; et enfin, au cuniniencement de I7I.S, le lit garde des sceaux et président du conseil des finances. Il avait été lieutenant de police vingt-un ans, et depuis longtemps les sutïrages des bons cifoyens le nommaient à des places plus élevées : mais la sienne était trop difficile à remplir; et la réputation singulière qu'il s'y était acquise devenait un obstacle à son élévation. 11 fallait un eftort de justice jiour le récompenser dignement.

Il fut donc chargé à la fois de deux ministères, dont cliacun demandait un grand homme, et tous ses talents se trouvèrent d'un usage heureux. L'expédition des affaires du conseil se sentit de sa vivacité; il accorda ou refusa les grâces qui dépendaient du sceau, selon sa longue habitude de savoir placer la douceur et la sévérité: surtout il soutint avec sa vigueur et sa fermeté naturelles l'autorité royale, d'autant plus difficile à soutenir dans les minorités, que ce ne sont pas toujours des malintentionnés ([ui résistent. Sa grande application à entrer dans le produit effectif des revenus du roi le mit en état de faire payer, dès la première année qu'il fut à la tête des finances, seize millions d'arrérages des rentes de la ville, sans préjudice de l'année courante; et outre le cn'dit qu'il redonnait aux affaires, il eut le plaisir de marquer bien solidement aux habitants de Paris Tafifection qu'il avait prise pour eux en les gouvernant. Dans cette même année, il égala la recette et la dépense; équation, pour parler la langue de cette académie, plus difficile que toutes celles de l'algèbre. C'est sous lui qu'on a appris à se passer des traités à forfait et à étabUr des régies qui font recevoir au roi seul ses revenus, et le dispensent de les partager avec des espèces d'associés. Enfin, il avait un projet certain pour diminuer par des remboursements effectifs les dettes de l'État: mais d'autres vues, et qui paraissaient plus brillantes, traversèrent les siennes (1); il céda sans peine aux conjonctures, et se démit des finances au commencement de 1720.

Rendu tout entier à la magistrature, il ne le fut encore que

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|Muir |ii'u (II' Icmps: mais fc peu de lomps valut à l'clat un irglemeiil utile. Les bénéfices t(inil)és une lois entre les mains de réguliers, y circulaient ensuite perpétuellement à la faveur de certains artifices ingénietix. qui trompaient la loi en la suivant à la lettre. D'Argenson remédia à cet al»us par deux déclarations (jui pn'vienner.t. si cependant on (».;p l'assurer, surtout en cette matière, tous les stratagèmes de l'iiitérôl.

Le ]»ien des affaires générales, qui changent si souvent de face, parut demander qu'il remît les sceaux; il les remit au conmiencement de juin IT'iO. 11 conservait |)leinement l'estime et l'affection du prince dont il les avait reçus, et il gagnait de la hanquillité pour les derniers temps de sa vie. 11 n'eut pa. besoin de toutes les ressources de son courage pour soutenir ce i-epos: mais il employa, pour en bien user, toutes celles de la religion. Il mourut le S mai 1721.

Il avait une gaieté naturelle et une vivacité d'esprit heureuse et féconde en traits, qui seuls auraient fait une réputation à un homme oisif. Elles rendaient témoignage qu'il ne génnssait pas sous le poids énorme qu'il portait. Quand il n'était <iuestion (jue de ])laisir, on eût dit «[u'il n'avait étudié \ joule sa vieque l'art si difficile. quoi(iue frivole, des agréments j cl <lu l)adinage. 11 ne coimaissait point à l'égard du fi-avail la distinction des jotu-s et des nuits: les affaires avaient seules le droit de disposer de son temps, et il n'en donnait à tout le reste (pièce (pi'elles lui hdssaientde moments vides.au hasard et irrégulièrement. Il dictait à trois ou quatre secrétaires à la luis, et souvent cbacpie lettre eût mérité i)ar sa matière d'être faite a part, et seml)lait l'avoir éb'. Il a (luebiuefoisacconnnodé à ses propres dépens des procès, même considérables: et un Irait rare en fait de finances, c'est d'avoir refusé à un renouvellement de bail cent mille écus qui lui étaient dus par un usage (Habli : il les fit porter au trés(»r royal, pour être em- ])loyés au paiement des pensions les plus pressées des officiers de guerre. Quoi(iue les occasions de faire sa cour soient toutes, sans nulle distinction, infiniment chères à ceux qui approchent les rois, il en a rejeté un grand nombre, parce (lu'il se fût expose au |M;ril de nuire plus que les faufes ne méritaient.

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