‹ Éloges de FontenelleChapitre 8 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ments de MM. Flourcns et Bertrand sur Jeur illustre prédécesseur. « Il y a dans la composition de chaque éloge de Fontenelle, dit M. Flourens, un art infini ; il y a un art particulier dans le portrait qu'il trace de chaque académicien. » M. Bertrand n'est pas moins louangeur : « Prêtant aux travaux de ses confrères la finesse de ses aperçus et la vivacité ingénieuscde son style, il a su dans leurs portraits, qui sont des chefs-d'œuvre, plus encore que dans l'analyse de leurs découvertes, donner aux plus humbles et aux plus modestes une célébrité imprévue et durable, et le juste et sérieux hommage qu'il rend au vrai mérite fait aimer et respecter tout à la fois les savants et la science ; car l'admiration s'accepte aisément de la bouche d'un homme de tant d'esprit qui ne s'impose jamais et la tempère par de fins sourires (1). »

Fontenelle se démit en 1741 des fonctions de secrétaire perpétuel. Depuis sept ans, il sollicitait le cardinal Fleury de lui accorder la vétérance. De là une piquante correspondance entre le ministre et l'académicien qui ne fait pas moins honneur à l'esprit et à la concision ingénieusement elliptique de l'un que de l'autre. La même année, après oO ans de séance, il présidait pour la dernière fois en qualité de directeur, le jour de la Saint-Louis, l'assemblée publique de l'Académie française. Dans son discours, où l'esprit n'a pas vieilli, il se compare à Nestor, qui avait vu trois âges d'homme. « Les trois âges d'homme que Nestor avait vus, je les ai presque vus dans cette Académie, qui s'est renouvelée plus de deux fois sous mes yeux, n

11 conserva jusqu'au bout la sérénité et l'enjouement de son humeur. A quoi servirait-il d'être philosophe, dit-il dans l'éloge de Leibnitz, si l'on n'avait pas toujours l'humeur gaie ? Il mourut ou plutôt il s'éteignit dans sa

(I) L'Académie des sciences et les académiciens, 1 vol. in-S», p. 113.

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