XXXII INTRODUCTION
centième année, en 1757, avec toutes ses facultés et sans autre infirmité qu'une légère surdité. A ses derniers moments il n'éprouva, comme il le dit à son médecin, qu'une grande difiiculté d'être. Ce qu'il avait dit de Duhamel, son prédécesseur, mort dans un ûge avancé « d'une mort douce et paisible et par la seule nécessité de mourir », devait être encore plus vrai de Fontcnclle lui-même.
Entre tous ces éloges, nous aurions voulu ne pas être obligé de faire un choix. Il a fallu cependant nous y résigner pour nous conformer à un programme qui n'indique que des éloges choisis. Nous avons donné la préférence à ceux qui nous ont paru les plus intéressants el le plus à la portée de la plupart des jeunes lecteurs, bien que consacrés à la mémoire de savants plus ou moins oubliés aujourd'hui et obscurs. Mais nous n'avons pas cru cependant devoir omettre les éloges de philosophes et de savants illustres entre tous, comme Leibnitz et Newton, et qui font le plus d'honneur à Fontenelle, quoique plusieurs parties ne puissent être comprises de ceux qui ne sont pas versés dans l'histoire de la philosophie, des mathématiques et de la physique. On eût été trop étonné de ne pas les trouver dans ce recueil; d'ailleurs, dans tous les éloges, il en est bien peu qui ne contiennent des questions et des analyses de hautes mathématiques, d'astronomie, de physique qui, malgré la clarté relative que Fontenelle a su leur donner, ne sont pas à la portée de tous. Nous avons cru devoir néanmoins n'en mutiler aucun. De même que nous avons fait un choix entre tous les éloges, les maîtres et les élèves eux-mêmes auront à faire la part, dans chacun d'eux, de oe qui est plus adapté à leur intelligence et à leur goût, comme plus propre à leur servir de modèle (1).
Francisque Bouillier.
(1) Ce recueil ne contient que la moitié des Éloges de Fontenelle.