L. Hamon
Qu'’elles nous paraissent justes et pleines de bon sens ces remarques de l’éminent Père Jésuite Louis Lalande, cet ami distingué de toutes les causes nationales et religieuses, lorsqu'il écrivait en 1889 à son ami Prévost :
“ C'est toujours une surprise pour moi de voir, dans un pays agricole comme le nôtre et où les cultivateurs ont une ei belle histoire, que l’agriculture ne soit pas plus en honneur, et les habitants plus conscients de la grandeur de teur état. Plusieurs d’entre eux croient se hausser dans la société en devenant épiciers. Des filles de ferme se vantent, comme d’une ascension, d’être devenues filles de magasin. J'en ai vu regarder avec dédain une ancienne compagne des champs, parce que leur père avait échangé sa ferme pour une auberge.
C'est une de nos maladies sociales, et cela fait pitié.
Est-ce donc une honte de rester fidèle à l'agriculture, condition normale de l'humanité ? de travailler plus immédiatement en collaboration avec Dieu, dont la pluie féconde les champs et dont ile soleil mürit les moissons ? Le Christ n’a-t-il pas choisi la campagne pour y travailler pendant trente ans ? et m’est-ce pas sous l’aspect d’un jardinier qu’il s’est montré à Madeleine, au matin des gloires de la résurrection ? ”
C'est maintenant aux poètes à vous dire la douceur de la vie à la campagne :