‹ Éloges de l'agriculture [microform]Chapitre 3 sur 26 · RIVES -O-ANTE · texte numérisé non relu

RIVES -O-ANTE

puté ses brebis à la gueule des lions, avant de disputer sa patrie à la lance de l'étranger. Il avait mêlé les accents de sa lyre au murmure des vents, avant de les mêler à la voix des peuples, à celle des siècles, aux concerts des anges,

“La religion aime Vagriculture parce que, comme notre âme, elle est naturellement chrétienne ; elle l'aime surtout parce qu’elle est son oeuvre, parce qu’elle est une de ses plus belles gloires.

“La religion aime l'agriculture, la patrie l'aime aussi. Elle l’aime parce qu’elle nourrit ses enfants, parce qu’e:ke alimente le commerce qui des unit, et l'industrie qui sans elle n’est que le lit aride d’une source sans eau. L’agriculture, en élevant les richesses des peuples au-dessus de leurs besoins, fait plus qu'augmenter leur bien-être, elle élève leur destinée. Elle est une grande force pour Dieu surtout, parce qu’elle est son oeuvre,

Elle rapproche de Dieu et nous met au coeur le respect des traditions saintes qui l’empêchent de s'égarer, parce qu’en nous attachant au sol d'où sort une vertu secrète, elle nous rend immuables comme ce lutteur antique que rien ne pouvait ébranler tant qu’il gardait son appui; parce qu’elle fait les corps sains et robustes, les âmes patientes et vigoureuses, La charrue, instrument de luttes, accoutume Je laboureur à la jutte pour la défense de sa patrie et en fait le vrai patriote et dinsigne bicnfaiteur de son pays. Les vrais soldats de la patrie sont sans contredit les colons et les agriculteurs. L'agriculture qui, à Ja surface, semble ne s'occuper que des intérêts matériels, peut devenir, et devient en effet, un des éléments les plus féconds de da grandeur nationale. C’est de d'agriculture que dépend la prospérité des peuples. Aimons donc l'agriculture puisqu'elle est un art cher à Ja religion, un élément de bonheur, une des forces de la société, un hommage rendu au sol sacré qui nous a vu naître et que nous ne pouvons

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nommer sans émotion, parce qu'il s'appelle la Patrie”,

Agriculteur, roi pacifique de la terre, aime ton royaume où tu gouvernes à ton gré; attache-y tes enfants; fais-leur aimer la noble occupation qui te donne l'indépendance, le bonheur et la paix ”.

Admirable et pleine de grandeur j'allocution prononcée par l’un de nos missionnaires, M. l'Abbé Dominique Pelletier, lors de la célébration du cinquantenaire de la fondation du collège d'agriculture de Ste Anne de Lapocatière :

‘ Cette fête est aussi à la louange du premier des arts, lagriculture, et des bienfaiteurs de l'humanité, les cultivateurs ; et ici encore c'est juste et digne “dignum et justum est”. L'agriculture est d'institution divine, et c’est à la lettre qu'il faut prendre les paroles de la Sainte Ecriture “Rusticationem creatam ab altissimo”. Tous les arts Fbéraux où mécaniques sont d'institution humaine ; ils ont été inventés par les enfants de Caïn, plus de deux cents ans après la création du monde, et il semble, même, par l'abus que les hommes en ont toujours fait, qu’ils conservent quelque chose de la malice de leurs inventeurs. L'agriculture, elle, est d'institution divine, et par là, elle participe à l'excellence, à l'universalité, à la durée, à l'utilité, à la sainteté même des oeuvres de Dieu. “IH plaça le premier homme dans un jardin de délices, afin qu'il en prit soin et qu’il le travaillât, “us operaretur”. Et, plus tard, après sa faute, lorsque l'agriculture, au lieu d'être pour lui un agréable délassement, devint une peine, un châtiment, une expiation, dans laquelle sans doute, il devait retrouver la vie, sa vie matérielle et même sa vie morale, elle devint telle par une sentence sortie de la bouche de Dieu même, “/n sudore vultus tui vosceris pane”. “C'est à la sueur de ton front que tu te nourriras de pain”.

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