‹ Éloges de l'agriculture [microform]Chapitre 4 sur 26 · ARSVESEIL TE -CD-AN-CE · texte numérisé non relu

ARSVESEIL TE -CD-AN-CE

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L'agriculture, instituée par Dieu, est aussi le plus honorable de tous les arts: les premiers hommes et des meilleurs d'entre eux, ont été agriculteurs : Adam, Abel, Seth, Noé, Abraham, Isaac et Jacob. Aussitôt après le déluge, Noé, que l'Ecriture appelle l'homme da la terre, “vir agricol”, reprend les traditions et les pratiques de l'agriculture; il la complète même en Y ajoutant la culture de ja vigne. Le roi Saül et son successeur David, avaient d'abord été pasteurs. L'ancienne Rome allait prendre à Ja charrue ses premiers rois et ses premiers généraux, à tel point, nous dit Pline, que la terre, ainsi travailke par les mains des empereurs eux-mêmes, semblait être heureuse et fière d’être labourée Par une charrue ornée de lauriers victorieux et par un agriculteur qui avait remporté des triomphes : “amer. laureato et triumphali aratore”. Enfin, l'Eglise elle-même, est allée prendre quelquefois ses Souverains Pontifes parmi les fils de l'homme des champs,

tels que les Svlvère, les Adrien, les Sylvestre, et d’autres encore. i

Les anciens en concluaient que la vie pastorale était un apprentissage du gouvernement des hommes, et ils appelaient frères : l'art de conduire des troupeaux et celui de gouverner les peuples : “Sorores quaedam sunt pastura et regni administratio"”, dit Saint Basile, Aujourd'hui, si la charrve n'est plus conduite par les mains des princes de la terre, dans le fond l'agriculture n'en est pas moins honorable, et même encore, à un certain point de vue, elle n’en est pas moins honorée, et c’est justice.

L'agriculture est, en effet, Je plus excellent et le plus utile de tous les arts. T :poureur nourrit la patrie et il la défend ; il n’a pas moins de courage à arroser les sillons de ses sueurs, qu’il en a à rougir les champs de bataille de son sang généreux. Ce qui fait dire à Aristote que “l'agriculture est l'art le plus juste et le plus conforme à la na-

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ture luimaine ; il sert beaucoup à fortifier le corps, comme à fortifier l'âme; et tandis que les autres arts les énervent et les avilissent, lui qui ne s'exerce que sous des ardeurs du soleil, et par les plus rudes travaux, il habitue ainsi le citoyen à braver les attaques de l'ennemi”.

Le phitosophe ajoute encore, et ici l'Eglise et l'Etat souscrivent de tout point à son sentiment : “Le meilleur peuple est celui qui est formé d'agriculteurs; car tandis qu'ils travaillent pour gagner leur nourriture, ils sont tellement absorbés par leurs travaux qu’ils ne songent pas à convoiter le bien des autres, et il leur est plus agréable de labourer deurs terres que de gouverner la république”. Cicéron disait aprés lui, que : “de tous les moyens que nous avons pour acquérir quelque chose, il n’en est pas de meilleur que l’agriculture, pas de plus agréable et pas de plus digne d’un homme libre”. Mais pour qu'il en soit ainsi, il faut que l'agriculteur soit tel que le demande la Sainte Écriture : il faut qu’il aime son art, qu’il n’en fasse pas un simple métier, qu’il lui donne tous ses soins, toute sa sollicitude et tout son coeur. “Cor Suum dabit ad versandos sulcas”. “Il donnera tout son coeur à remuer la terre et à dresser des sillons”. Eccl. 38. 27.

L'apôtre saint Paul exaîte la grandeur du ministère apostolique en disant : Nous sommes les coopérateurs de Dieu. “Dei enim sumus adjutores”. (Cor. 3,9). Le cultivateur, lui, doit se souvenir que Dieu nourrit l'humanité, et de même que l'humanité, tous les jours adresse au Père céleste sa prière et lui demande son pain, de même, Dieu l’a voulu de da sorte, elle dit aussi à l'agriculture : Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien”. “Dei adjutores estis” ; “Vous êtes les coopérateurs de Dieu”. Habitant canadien, digne et fier, voilà ton titre de noblesse, il en vaut bien d’autres.

Il ne faut pas hésiter à le dire, nulle part ailleurs que dans

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