‹ Éloges de l'agriculture [microform]Chapitre 8 sur 26 · LAS ELLE À "LD AA EU · texte numérisé non relu

LAS ELLE À "LD AA EU

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OLUDERS À

cations autres de la Providence, quelle sécurité pour votre avenir, que de pouvoir vous dire : “Je travaille là où, de toute éternité, Dieu l’a voulu !”

—Et puis, estimez-vous à son prix la noblesse de la fonction du laboureur, fonction première dont fut investi l'homme alors qu'il sortait, roi de la création, des mains du Créateur ?

—Savez-vous que chez aucun peuple, il ne fut fonction sociale plus honorée, plus chantée, car plus essentielle à da vie de l'humanité ?

-Labotreurs et soldats ont fait les grands peuples; car à ceux qui ont des laboureurs, jamais les bons soldats n’ont manqué.

—Enfin, en même temps que les fils de prédilection de la patrie, vous êtes de Dieu les enfants choisis. C’est parmi les pasteurs, c'est dans ce silence des champs qui rend attentif aux appels d'en haut, que Dieu le plus souvent a marqué les âmes à qui il voulait confier ses grands gestes.

Comptez seulement les héros et les saints qu'a produits le terroir de France !

N'est-ce pas par des bergères, qui s’appelaient Geneviève, Germaine, Jeanne, que Dieu est intervenu pour sau 10tre race ? Or, parmi les grandes leçons que nous uonne la Vierge de Domrémy, en est-il pour nous, terriens, de plus éloquente que son amour de la terre natale ? Pour s’y arracher, à l’appel de Dieu, il lui iaut briser son coeur. Et, au fond de ce coeur, au milieu même des plus enivrants succès, elle ne garde qu’un rêve : revenir à cette terre, sitôt que Dieu ke permettra.

Vous savez cette saisissante anecdote rapportée par les historiens. C'était au sortir du triomphe de Reims. Jeanne traversait la Ferté-Milon et les habitants de cette ville acclamaient la libératrice avec un si délirant enthousiasme que l'héroïne se troubla,

Tab és.

Elle pâlit et on l'entendit murmurer à Dieu cette prière : “Que le Seigneur lui permit de revenir à Domrémy pour y garder de nouveau les troupeaux de son père et de sa mère”.

Paysans de France, n'y a-t-il pas là de quoi nous émouvoir jusqu'aux larmes ? Comprenons donc cette leçon ! Ne quittons la terre natale que pour la frontière, le jour où Dieu nous appellerait à la défendre ”.

Choïisissons Jeanne pour notre patronne ! Mettons sous son égide les :ssociations professionnelles par lesquelles nous voulons refaire l'harmonie et la force de nos communautés rurales.

Demandons à celle en qui brillaient si fort les grandes vertus de l’âme paysanne française de garder à nos villages, avec la foi des aïeux, l’énergie des bras, la fierté des coeurs, l'union de ces coeurs autour du clocher !

Bienheureuse Jeanne, gardez vos frères, les laboureurs de France !

Il est un beau et sublime langage que tout père de famille doit tenir à son enfant. Il a été écrit de main de maître par un écrivain français, M. Camille Lemonnier :

“ En mai, le père conduirait son fils aux labours où les grands boeufs tendent leurs jarrets nerveux ; en août, dans les champs parfumés des senteurs du foin, où les faucheurs, de leurs bras qui tournent circulairement, coupent les avoines. Il dirait à l'enfant : “Vois que d'efforts, que de peines, que de sueurs... Pourtant, mon fils, ces hommes chantent. Leur coeur, léger sous leur corps qui se ploie, garde sa fermeté et ne se lasse point. Contemple la sérénité de leur front. Les rides qu’ils ont aux tempes, le chagrin ne les a pas causées : ces rides sont épanouies ; il y a de la joie dans ces rides-là, Or, c'est le travail qui les a mises à leur front et le travail est plein de bonheur

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