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pouvait manquer d'élre découvert ; découvert, d'Être emprisonné, et la prison était à celte époque l'avenue de l'éehafaud. Il fut assez heureux pour trouver un protecteur dons celui-là mime qui devait l 'arrêter. Ce protecteur inattendu était un ancien clerc de procureur qu'il avait traité avec bienveillance à Aix, el qui le lui rendit à Paris avec une gratitude courageuse. Il s'appelait Desvieux ; au pouvoir que lui donnaient la présidence d'un des tribunaux de Paris et la qualité de membre de sa redoutable commune, se joignait la faveur du tout-puissant Robespierre. Montrant a M. Portalis l'accusation dont il était l'objet, il lui offrit, pour s'y soustraire, ou un passe-port qui l'aiderait a sortir de France, ou une maison de détention qui, assurait-il, lui permettrait d'y rester en sécurité. Avec une témérité singulière, H. Porlalis préféra l'emprisonnement à l'émigration.
Prisonnier par choix, il fut enfermé dans une maison privilégiée et célèbre de la me de Charonne. Le jeune Portalis l'y visitait chaque jour. 11 partageait ses soins et ses lieures entre sa mère, plongée dans la plus douloureuse anxiété, et son père, que la reprise de l'accusation pouvait, de moment en moment, conduire devant le tribunal révolutionnaire. Ce péril se présenta bientôt. L'agent national de la commune de Paris, Payan, qui avait connu M. Portalis dans le Midi,
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d'où il était lui-même, l'avait dénoncé à Robespierre, et Robespierre l'avait porté sur la liste meurtrière qu'il adressait chaque jour à l'accusateur publie, Fouquier-Tinville. Ne pouvant plus empêcher in poursuite, le zélé Desvieux voulut faire différer le jugement. Il courut, avec le jeune l'orlalis consterné, chez Fouquier-Tinvillc , qui, se refusant d'abord à ses instances, lui répondit qu'il ne se souciait pas, pour préserver la tôle d' autrui, d'esposer la sienne, cl finit par lui dire, en lui montrant un amas de dossiers : — « Tu vois ces dossiers, tous les accusés qu'ils concernent me sont désignés par Robespierre : arrange-loi pour que le dossier de celui auquel lu l'intéresses arrive des derniers, n Desvieux plaça le dossier de M.Portalis au-dessous de tous les autres, ne négligea aucune des précautions propres à Taire gagner du temps, et dit au jeune Portalis, pour le rassurer : — « Ne craignez rien; avant peu Robespierre prendra toute l'autorité ; il deviendra le modérateur de la Révolution et le dictateur de la République. Je le seconderai dans son entreprise. Lorsqu'il aura réussi, pour prix des services que je lui aurai rendus, je lui demanderai, et il ne pourra pas me refuser, la vie de votre père. »
Il l'engagea à suivre assidûment les séances de la Convention, où il verrait bientôt s'accomplir le des-
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sein dont il lui Faisait conlidence, cl dont il ne mettait pas en doute la réussite. M. Portails n'en manqua aucune. Il était dans les tribunes de la Convention, lorsque Robespierre, avec un visage hautain, par un discours étudié prononcé d'une voix impérieuse, commença, le S thermidor, la formidable lutte qu'il reprit le 9, et dans laquelle, rencontrant d'abord, chez celle assemblée jusque-la soumise, les hésitations de la défiance, escilant ensuite la révolte de la peur, il l'ut décrété d'accusation, el succomba au lieu de triompher. Le (ils de M. Portalis n'assista pas sans émotion a ce combat de l'issue duquel paraissait dépendre la vie d'un piire, que la défaite du sanguinaire prétendant à la dictature assura bien mieux que ne l'aurait fait sa victoire. La chiite de Robespierre marqua la fin de la Terreur, et M. Portalis ne fut pas sauvé seul, il le fut avec tout le monde.
Mais la Révolution reservait aux Portalis d'autres épreuves et de nouveaux périls. Trois ans après, le père cl le li!s erraient, déuuisés, sur une route d'Allemagne, cherchant un asile vers le fond du Nord. Comment M. Portalis fuyait-il, sous lo Directoire, son pays qu'il n'avait pas voulu quitter pendant les jours les plus sinistres de la Convention'.' Élu membre des conseils législatifs qu'avait créés la Constitution de L'an Hf, il avait pris une grande place à celui des