‹ Eloges historiquesChapitre 19 sur 36 · L.'i .1 1 :-.'J !:■,■ Ci · texte numérisé non relu

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COMTE l'QRTALlS île fidèles amitiés, que ne lui lit pas perdre sa disgrâce, eL les doux travaux îles letlres, qui ne pouvaient pas lui Être enlevés avec ses fonctions. Les Mémoires de la docte Académie d'Aix, dont il était membre et dont en 1815 il devint président, contiennent de lui un fort beau discours et des communications varices. H. l'ortalis, qui faisait très- agréable ment les vers, y lui même des fragments d'un poème de chevalerie qu'il avait composé au château d'Emckendorff.

C'est aux Pradeaux, dans les loisirs de sa féconde retraite, que M. l'ortalis prépara In grande introduction au livre sur fUstttje el l'abus de l'esprit philosophique au dix-huitième siècle. Il la publia plus tard, en tète des deux volumes de son pûre. Son Essai, comme il l'appelle, sur l'origine, Fhistoive et les progrès de la litte'rmure française et de la philosophie, est un tableau abrégé de l'esprit humain dans sa marebe et de l'esprit français dans ses œuvres. Itans celte composition, courte mais substantielle, ingénieuse et savante, se remarquent des connaissances sures et des appréciations fermes, de fortes maximes el des aperçus très-tins. Les développements y manquent, mais les effets y abondent, et, tout en courant sur le f oniinet des choses, M. Porta lis pénètre aussi quelquefois dans leurs profondeurs. Nulle part il n'a donné à

sa pensée îles allures plus vives sous une forme plus brillante.

Depuis longtemps M. Portalis n'était plus en exil. Napoléon l'en avait tiré quelques mois avant de tomber du trône. Le 14 décembre 1815, réparant l'injustice du tt janvier 1811, il lui avait conféré la première présidence de la cour d'Angers. Du siège de celte magistrature, M. Porlalis vil tomber deux fois l'Empire et deux fois restaurer la monarchie des Bourbons, sans applaudir à aucune chute, mais non sans adhérer à loules les élévations. Son caraclére ['éloignait de l'inlidelile autant que de la désobéissance, et son esprit lui fit adopter dés ne moment pour système ce que tant d'autres ont pratiqué alors et depuis par intérêt, le service invariable du pays dans la mobile succession de ses gouvernements. Même en certains cas, on peut dire qu'il poussa bien loin son système. Selon lui, exercer des fondions sous tous les pouvoirs, c'était consenlir à être utile dans tous les temps. Aider au salutaire maintien de l'ordre social, concourir à la sage distribution de la justice, seconder la marche habile de l'administration, quelle que fût la forme politique de l'État, n'était pas seulement, d'après sa théorie, le droit mais le devoir d'un bon citoyen. M. Porlalis en faisait une obligation fort commode à suivre et à laquelle il ne manqua jamais.

COMTE PORTAI,!* -2j:.

Il resta toujours fidèlement à son poslo, ei même il se laissa placer dans des postes meilleurs où sus talents rares lui permettaient de rendre des services plus grands."

Sous la seconde Restauration, il devint conseiller :'i la Cour de cassation et redevint conseiller d'État. Il put être, au sein île ces deux corps, un profond interprète de la loi en vue do la justice, et un savant régulateur de l'administration dans l'intérêt de l'Étal. 11 y porta son grand esprit, qui pénétrait tout avec aisance et s'appliquait ;i tout avec sûreté; son sens parlait, qu'accompagnait toujours la justesse dans l'élévation, et son liabilelé expérimentée, qui no séparait point la convenance du droit. Après y avoir été fort utile assez obscurément, il fut appelé à remplir une mission qui eut beaucoup d'éclat.

La paiï, violemment rompue avec le pape sous l'Empire, avait été naturellement rétablie sous la Restauration. Ce gouvernement voulut avoir son Concordat, et il le conclut en 1847, à la suite de longues négociations. Aussitôt que M. de Btacas, ambassadeur de Louis XVI El, l'eut signé au nom du roi son maître, la cour de Rome voulut le rendre irrévocable en le rendant public. Mais, pour atteindre trop vile le but, ellfle manqua. Le Concordat de 1817 abolissait le Concordat ainsi que les articles organiques de 1801. Il

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rétablissait ouvertement l'ancien régime de l'Eglise, el faisait craindre qu'on ne retint, quand on le pourrait, à l'ancien régime de l'État. Dans la France, réduite aux frontières de 17!)0, trente-deux sièges episcopaux étaient ajoutés aux soixante sièges qui avaient suffi à la France portée jusqu'au Rhin et jusqu'aux Alpes. Dans cette transaction, le pape, en traitant avec le Roi Très-Ch rélien, ne connaissait pas le roi constitutionnel, et le roi, en concluant une convention avec le pape, lui sacrifiait une loi. Ces créations mal conçues de diocèses mal distribués, ces infractions ouvertes à notre droit fondamental, ces suppressions par des traités particuliers de règles consacrées par la volonté publique, rencontrèrent l'opposition la plus vive et la plus générale. Il y avait alors des Chambres dans lesquelles les sentiments du pays se faisaient entendre et ses intérêts se faisaient respecter. Elles accueillirent si mal le projet de loi sur la dotation financière des sièges nouveaux et les dispositions vagues destinées à remplacer les garanties précises des articles organiques détruits, que le gouvernement le retira, de peur qu'il ne fut rejeté.

Mais on ne pouvait pas rester sans relation avec la cour pontificale, te Concordat de 1801 étant supprimé à Rome, et le Concordat de 181" n'élant pas admis a Paris. Il fallait engager une nouvelle uégocialinn

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