‹ Eloges historiquesChapitre 26 sur 36 · II ALLAI · texte numérisé non relu

II ALLAI

L'histoire de tant de siècles qui scsuccèdenl et du si nombreux pays qui se forment ne saurait cire présentée que dans ses traits les plus essentiels et les plus saillants. La considérer sous son aspect philosophique sans lui enlever son intérêt ; exposer l'organisation, saisir l'esprit, indiquer la marche progressive de l'Europe, se réglant dans le désordre et se dégageant de la confusion ; décrire ses révolutions pendant toute cette importante période du moyen âge, qui est le berceau des nations modernes; assigner les causes, marquer rétablissement, apprécier les effets du pouvoir spirituel qui la domine moralement cl du régime féodal qui l'enlace politiquement ; prendre chaque pays dans sa forme particulière, chaque litat dans son existence séparée, les suivre avec les développements qu'ils reçoivent, les institutions qu'ils se donnent, les idées qui les éclairent, les hommes qui les conduisent, les destinées qui les attendent ; montrer ainsi ce que sont et ce que deviennent, durant dix siècles, l'Italie, la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre, sans rien omettre des grands faits qu'il importe de connaître, sans mentionner les incidents qu'il serait superflu d'apprendre : voilà ce que M. Hallam a entrepris avec une immense étendue de savoir, et ce qu'il a exécuté avec une rare fermeté de talent.

L'un des derniers fils de ce dogmatique et superbe

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dix-huitième siècle, qui, se plaisant dans les idées, avait pour ainsi dire les faits en dédain, et dont les généreuses aspirations vers l'avL'nir étaient les condamnations systématiques du passé ; né et élevé dans celte Angleterre passionnée et opiniâtre où les sentiments décident surfont des pensées, et les pensées se transforment si souvent en habitudes, M. Ilallam no reçut aucune des préventions do son temps, ne prit aucun des préjugés de son pays. II porte dans l'histoire une vue haute, un sens net, une intelligence libre, un art simple. Il n'embrasse pas les événements dans des récils étendus, la forme de ses ouvrages s'y oppose ; il ne les colore pas dans des scènes animées, bt nature de son talent ne s'y prèle pas; au lieu de raconter, il expose ; au lieu de montrer, il explique. Il a encore plus l'intelligence que le sentiment des temps passés ; il en pénètre lu signification bien mieux qu'il n'en reproduit la vie. 11 manque de cette imagination qui fait les grands narrateurs, tandis qu'il est doué de cet esprit vigoureux qui fait les grands juges. Les uns animent l'histoire comme des poêles, les .mttes lu comprennent comme des philosophes. Les premiers y offrent les hommes en spectacle cl tirent des événements tin drame ; les seconds traduisent les faits en enseignements et donnent les peuples en exemple.

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M. ILillyui se place entre les historiens purement narrateurs et les historiens tout à fait philosophes, aussi savant et plus se ru pu le use ment exact que les premiers, aussi pénétrant el plus circonspect dans ses conclusions que les seconds. Sur tous les objets de quelque importance pour la société humaine, la formation des Etats, le régime des mœurs, l'origine et le développement des institutions, il recueille les témoignages les plus certains comme les plus solides, et des hauteurs d'une science étendue, avec une raison ferme, il prononce des décisions magistrales. C'est en effet un magistrat de Uiisloire. Il érige son tribunal au milieu des générations passées dont il juge les fautes pour l'exemple et au profit des générations futures. 11 n'admet pas que les méchants actes trouvent leur excuse dans la perversité des temps, et les vices d'un siècle ne le rendent pas indulgent pour les écarts des hommes. Les violences et les corruptions, la faiblesse et la tyrannie, les maux de l'ignorance et le mépris de l'humanité, tout ce qui nuit, altère, trouble, opprime, abaisse, il l'enveloppe, avec une volonté clairvoyante non moins que par une vertueuse équité, dans les sévérité 1 ", instructives de ses jugements.

Dix ans après qu'eut paru ce premier et grand ouvrage, M. liai la m publiait un livre d'un intérêt inîe

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