‹ Eloges historiquesChapitre 28 sur 36 · Ï90 H ALLAH · texte numérisé non relu

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gré la loi, et bien d'autres furent accables sous elle. Si plusieurs des altiers Plantagenets, des impérieux Tudors, des infidèles Stuarts, se maintinrent au-dessus des droits qu'ils osèrent violer et qu'ils ne purent pas anéantir, d'autres princes de ces races audacieuses furent moins hcuruux dans la poursuite du pouvoir arbitraire et succombèrent en voulant rétablir. Jean sans Terre déposé du trône, Henri III devenu captif a la suite d'une défaite, Edouard 11 privé de sa couronne, Richard H tué après avoir été dépossédé, Charles 1" montant sur un tragique éebafaud, et son fds, Jacques II, exilé avec toute sa race, sont comme les victimes royales sacrifiées au maintien du droit national par un peuple plus décidé à conserver les libertés publiques qu'ils n'étaient eux-mêmes hardis à les nier ou à les détruire.

La révolution nationale de 1640 prépara le triomphe définitif de la constitution anglaise que consacra la révolution dynastique de 11588. A celle époque le fameux bill des droits renouvela et étendit, en leur donnant plus de précision cl de développement, les garanties privées et publiques reconnues par la grande Charte, et en 1700 le bill d'établissement, en vertu duquel la maison de Hanovre fut appelée au trône il'Angleterre, ajouta de nouvelles garanlies à celles du bill des droits. 1,' inviolabilité des personnes, la

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sûreté des biens, la régularité de la justice avec l'inamovibilité des juges, le vote constant des subsides, le contrôle inévitable el la discussion parlementaire des affaires de l'État, ont été dés lors proclamés et affermis. Tout désormais releva de la loi, les prérogatives de la couronne et les libertés de la nation. Le droit de régner des princes et le droit des sujets de participer au gouvernement eurent leur source et leur sanction duns In sniiveniiiidi' de la léjiislalun;. I, 'Angleterre devint une république monarebique, qui, planée sous l'unique domination de la loi, mise à l'abri des lulles sanglantes par l'ordre (utélaire de la royauté, laissée aux agitations fécondes par le libre mouvement du pays, fut régie par les plus habiles que désignaient les plus éclairés, dont la politique fut conduilo avec la plus grande vigueur dans la plus grande liberté, et, en sachant toujours concilier les intérêts des particuliers et ceux de l'État, assura la prospérité et la grandeur de la nalion.

M. Ha! la m était singulièrement propre à dérouler el à expliquer les annales de la liberlé britannique. Sa pénétration égalait son jugement, et son savoir était aussi prorond qu'étendu. Le ton mille de M. Hallam est constamment d'accord avec In fermeté de sa pensée. Son slylc manque quelquefois de souplesse, mais il est toujours puissant, el souvent il s'élève de

298 ntuiK la gravité a l'éloquence, à une Éloquence simple et brève qui ne va jamais an delà do l'honnête élan parli de son ame émue ou de l'idée généreuse conçue par son noble esprit. Le contraste des droits aujourd'hui respectés et des actes autrefois tyranniques lui inspire môme de poétiques paroles. Ainsi, en rencontrant dans ses récits le lieu où s'exercèrent sous les Tudors tant de persécutions ténébreuses, la Tour de Londres dans laquelle, durant le règne d 'Elisabeth surioul, la torture, interdite par la loi anglaise, resta, comme il le dit, rarement oisive, M. Hallam s'écrie : « Les hommes qui se rappellent les annales de leur pays ne peuvent voir ce lourd et sombre édifice sans qu'il fasse naître en eux de tristes souvenirs... Cette tour, qui présente un contraste si frappant avec les monuments pleins de grâce et d'élégance élevés parla prospérité et le goût moderne, témoignages éclatants dont nous sommes redevables à la liberté civile et religieuse, celle tour, dis-je, semble un tyran captif destiné à orner le triomphe d'une république victorieuse, et doit nous apprendre à juger, dans le transport de notre reconnaissance, de combien nous avons surpassé nos ancêtres en vertu et en félicité. »

Si M. Hallam porte dans l'appréciation des temps passés les sentiments d'un Anglais libre, il ne s'y départ jamais des scrupules d'un écrivain équitable. 11

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n'est pas plus exagéré par passion qu'indifférera par impartialité. Il intéresse alors même qu'il disserte. Son mémorable ouvrage, dans lequel les faits bien observés donnent lieu à des conclusions bien déduites, est une sorte de philosophie politique tirée de la pratique séculaire d'un grand peuple par un publieisle qui sait et un historien qui pense. Il a eu un succès solide autant qu'étendu. Apprécié en Europe, où il a été partout traduit, il a paru en France sous les auspices d'un des grands maîtres de l'art d'écrire l'histoire, M. Guizot, auquel ses récite et ses jugements sur la révolution d'Angleterre ont mérité que M. Hallam accordât la place la plus élevée parmi les historiens de son propre pays. Enfin il est devenu comme classique en Angleterre, où il est consulté par les hommes d'Étal, cité dans les chambres du parlement, et sert de texte à l'élude de l'histoire constitutionnelle dans les hautes écoles. On a même dit de lui avec une reconnaissante admiration : « L'ouvrage de M. Hallam sur la constitution d'Angleterre est une grande Charte de nos libertés et de nos droits, qui porte la signature non pas des rois et de leurs ministres, mais de la muse de l'histoire, d

M. Hallam ne prit jamais part a. ce gouvernement dont il avait écrit l'histoire. En aucun moment de sa longue vie il n'ap]iartint à la Chambre des communes.

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