‹ Eloges historiquesChapitre 30 sur 36 · H ALLAH · texte numérisé non relu

H ALLAH

deuxième nom, Hcnry-Fitz-Maurice llallam, était distingue comme l'avait clé Arthur-Henry llallam, quoique par d'autres mérites non moins rares. Dans sa jeunesse, lorsque ceux de son ilgc lisaient Waltcr Scott ou Byron, lui étudiait liacon ou se plaisait dans la lecture de Dante. Il avait toujours été le premier dans les examens du collège à Klon et les épreuves de l'Académie à Cambridge. Réservé, réfléchi, d'un caractère doux et grave, d'un esprit solide et orné, sachant les mathématiques aussi bien que l'histoire, instruit dans la science économique et versé dans l'élude des lois, connaissant bien les langues Olriiiinèivs et parlant a merveille la sienne, ce dernier des llallam venait d'entrer au barreau, où l'attendaient des succès certains. Il avait été reçu avocat en 1850, et, après avoir suivi pendant l'été les assises du circuit de Londres, il alla dans l'automne rejoindre en Italie son père, qui, sans oublier le (ils qu'il avait perdu, semblait renaître à l'espérance dans le fils qu'il conservait encore. Hélas I cette espérance ne dura point. Par une cruelle fatalité, le voyage de Rome eut une issue aussi funeste pour Henry- Kilz-Maurice llallam que l'avait eue dix-sept années auparavant le voyage de Vienne pour Henry- Arthur llallam. Une de ces fièvres terribles qui attaquent le principe mémo de la vie le saisit soudainement; on voulut, mais en vain, le dérober a ses mor-

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telles atteintes, en fuyant vers le nord de l'Italie. Le malheureux jeune homme succomba à Sienne le 25 octobre, et son père, plus malheureux encore, le cœur a jamais sans consolation et la vie désormais sans but, accompagna les restes de son (ils ù l'église funèbre de Clavedon, où ils furent déposés, le 23 décembre, à côté de ceux de son frire, de sa sœur et de sa mère.

M. Hallam consacra aussi des pages louchantes îi la mémoire de Hcnry-Filz-Mauricc. Ce fut son dernier écrit. Drisé parce nouveau coup, mais non abattu, il vécut encore quelques années. Enfin, très-avancé en âge, parvenu, ainsi qu'il l'avait lui-même dil de son père, sur les contins des deux vies sans qu'il eiit plus rien à désirer de celle-ci et rien à craindre de celle-là, il passa, le 21 janvier iN!i9, de l'une à l'aulrc, avec le calme d'un sage el la confiance d'un chrétien.

M. Hallam unissait les plus hautes qualilés de l'âme aux plus solides mérites de l'esprit; tout ce qu'il était, sa personne même le disait. Grand et d'une belle ligure, l'élégante pureté de ses mœurs, la dignité soutenue de son caractère, l'active pénétration d'une forte intelligence, l'équité sans trouble d'un jugement supérieur, sa douceur tout à la fois aimable et ferme, sa tranquille modestie, son invariable droiture, se peignaient sur ses nobles traits. Son front était large

ci serein, son œil vif et limpide, et ses lèvres pures et véridiques, qui ne s'étaient jamais ouvertes à rien d'équivoque ou de déloyal, laissaient entrevoir toute la candeur de ses sentiments et taule l'honnêteté de ses idées. Il élail du commerce le plus agréable, et la justice rigide qu'il exerçait dans l'histoire se conciliait chez lui avec la pratique assidue de la plus rare bonté

pass'empêcherd'ètre bienfaisant. Dans sa munificence affectueuse il avait doté la liancée même de son fils, et il était si compatissant qu'on se faisait scrupule de mentionner trop de misères devant lui : il soulageait toutes celles qu'il connaissait. L'homme était aussi révéré que l'écrivain élail estimé. A l'illustration que lui avaient donnée ses œuvres, le premier ministre d'Angleterre avait voulu en ajouter une autre, et il avait offert à M Hallam le litre de baronnet comme une marque de faveur de la couronne pour l'historien qui, dans son temps, honorait le plus son pays. M. Hallam rerusa avec une dignité trisle : « Mon âge avancé, « écrivit-il, et la perle de ceux qui auraient parlagé « ce litre avec moi, me détournent de changer mon « nom. » 11 resta avec ce nom simple, mais glorieux, qu'il porta noblement jusqu'à sa quatre-vingt-deuxième année, où, quittant ia vie au milieu du respect universel, il laissa ce nom attaché à des monuments qui

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ne périront pas, cl qui le transmettront avec son honnête et solide éclat à la postérité, auprès de laquelle il demeurera recommandable tant que seront estimées les pures vertus et que seront lu les lions livres.

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