‹ Eloges historiquesChapitre 5 sur 36 · BK DARON DE GEHANDO · texte numérisé non relu

BK DARON DE GEHANDO

matériel. Ces systèmes qui se partagent les esprits et les temps, qui regardent les deux diverses faces de la création divine et répondent aux divers besoins de la nature humaine, M. de Gerando les a étudies sous un point de vue considérable il est vrai, mais ne pouvant suffire à les expliquer tous, et surtout à les expliquer tout entiers. Le principe des connaissances est à ses yeux la question fondamentale dont la solution entraine dans chaque système toute une série de conséquences nécessaires, et par suite détermine son caractère et sa destinée. Aussi est-ce sur cette question unique qu'il interroge les diverses doctrines philosophiques, et, selon leur réponse, qu'il les classe et qu'il les juge.

Dans leur appréciation, qu'il s'attache à rendre exacte et qu'il voudrait rendre tout à fait impartiale, il signale le vice et l'insuffisance de chacun d'eux. Mais, s'il voit les défauts des systèmes, M. de Gerando en expose aussi les mérites, et, à coté de ce qui en a été légitimement repoussé, il montre ce qui en a èlé utilement retenu. De leur examen comparé, il arrive à celte conclusion que l'erreur n'est jamais absolue, qu'elle n'est qu'une vue imparfaite et exclusive des choses. Leur empruntant donc ce qu'il y trouve de vrai et de bon, il aspire à la conciliation des systèmes, et il offre comme un traité de paix à tous les amis de la vérité, a quelque opinion qu'ils appartiennent, et

es

de si loin qu'ils viennent. Ce qu'il veut surtout, c'est unir ensemble les intérêts de la morale et ceux de la raison, dont l'Étroite association est à ses yeux le véritable but de la philosophie-

Celte histoire, publiée en 1804 et à laquelle ont succédé depuis des histoires plus précises et plus approfondies, eut alors un grand succès. Les maîtres de la science applaudirent à l'idée originale d'un ouvrage qui élait en quelque sorte l'anatomie comparée des systèmes philosophiques, et où se déployait un savoir non moins vaste que lumineux. Les trois livres considérables qu'il avait déjà composés à l'âge de trentedeux ans recommandaient en M. de Gerando l'historien tout autant que le penseur. Aussi la classe des sciences morales et politiques, dont il élait correspondant, ayant été supprimée en 1803, il fut admis, en 1805, dans la classe des inscriptions et belleslettres.

En ce moment, M. de Gerando élait attaché à l'administration supérieure de l'État. Depuis un an il était secrétaire général du ministère de l'intérieur, confié en 1S04 à M. de Champagny, dont M- de Gerando était l'ami, et devint en quelque sorte le second.

Sous le régime impérial, où les assemblées n'élaientplus rien, l'administration au fond était tout. Administrer, c'était pourvoir aux divers besoins pu-

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