‹ Emailleurs et émaillerie de LimogesChapitre 9 sur 15 · LES CHASSES ET RELIQUAIRES DE L'ABBAYE DE GRANDMONT · texte numérisé non relu

LES CHASSES ET RELIQUAIRES DE L'ABBAYE DE GRANDMONT

DONT ON PAIT MENTION DANS LES INVENTAIBBS DB es céLÈBEE MONASTÈRE.

Une description rapide des châsses et reliquaires émaillés de Grandmont, d'après ses inventaires, peut donner k la fois quelques dates , et des idées sur les formes consacrées plus habituellement k ces meubles d'église. L'abbaye de Grandmont, chef de l'ordre, fondée en 1076 , fiit enrichie par les papes , les rois de France, d'Angleterre, de Navarre et de Jérusalem, et les comtes de la Marche; ses abbés, dont quelquesuns devinrent évêques, augmentèrent aussi successivement son trésor. Elle éprouva dans les temps de guerre de fréquents pillages, et même, k l'épo* que de l'élection de Mgr de Lavaur , M. de Saint- Germain, dans son mécontentement, y suscita destrou-

blés à la faveur desquels il emporta plusieurs joyaux de grand prix , une partie des titres de Tabbaye, et jusqu'au plomb qui couvrait ses bâtiments.

Grandmont, place h quatre lieues de Limoges, ne put et ne dut faire fabriquer que Ik tous les produits d'orfèvrerie émaillée portés dans ses inventaires. Les argentiers et émailleurs de cette ville, qui avaient fourni des chefs-d'œuvre de leur art k Louis le Jeune , après la conclusion des guerres que le divorce de ce monarque avec Âliénor d'Aquitaine attira sur le Limousin et sa capitale , durent reprendre leurs tra* vaux plus activement et plus paisiblement au xiii® siècle ; aussi trouve-t-on sous le règne de saint Louis plus de traces de leur industrie. L'inventaire de février 1495 fut rédigé par Louis Pinelle et Jean Bordin , en exécution des ordres de l'abbé commendataire de Grandmont, cardinal de Saint^Malo; on lit en marge « d'une autre écriture : Antoine Allemand, évèque de Cahors, Celui de mars 1525 fut commandé par Tabbé de Flisco , Nicolas , cardinal ; l'abbé de Neufville fit faire ceux de 1566 et 1575; Rigal ou Rigard de Lavaur, celui de janvier 1611 ; Dom Georges Barny, abbé, celui de 1650; et Dom Antoine de Cbavaro* che, aussi abbé et général de Grandmont, celui du 4 novembre 1666, L'autel de la vieille église, devenu chapelle dans la nouvelle, était entièrement en bronze doré et émaillé, devant d'autel, gradins et collatéraux ornés de figures et enrichis de pierreries.

i^ c Châsse de cuivre doré et émaillé de notre bien-

> heureux fondateur saint Etienne de Muret, ornée

> de toutes parts d'un grand nombre de petites figures » en bosse, garnie de pierreries et curieusement tra-

> vaillée. » Elle était assez grande pour contenir les ossements et la cotte de mailles de ce saint.

2® Châsse de même métal et même forme , plus petite, enrichie de quantité de grosses pierres , sans figures de personnages, du saint martyr Jlfocaire; chef très illustre, compagnon de saint Maurice. Un ëeriteau en langue latine constate que Thibaut, roi de Navarre, comte palatin de Champagne et de Brie, rapporta à Grandmont le 7^ des ides d'avril de l'an 1269 : Opère (opre) Guidonis Archerii, decimi quinti prions (i).

3<^ Châsse de cuivre doré et émaillé. Sur le devant sont représentées les images de Jésus-Christ au milieu de quatre apôtres dont les noms y sont gravés : saints Mathias, Jude, Jacques et Philippe; et au-dessus, six autres figures d'apôtres avec leurs noms, qui sont : saints Thomas, Jacques, André, Jean, Simon, Barthélémy , et sur la porte, saint Pierre; par le derrière, quelques autres figures. Cette châsse renferme des reliques de deux saintes vierges martyres de

(I) On lit aussi bien operâ qn'opere. Etait-ce par les soins de Guy , «u de son ouvrage ? ou bi^ tpare pour corpore ?

Cologne dont Dieu sait le nom; donnée par une noble dame (Matrona) de Cologne, sur les vives instances d'Herman, doyen dé Tëglise des Apôtres de là même ville,

4<> Autre châsse de même m^atiète, travail et figure que la précédente , où est att^devattt Une image de la Vierge, un petit Jésus entre ses bras, et par dessus un Sauveur; aux côtés sont les figures de quelques vierges, d'un archevêque et d*un abbé, avec ces mots écrits parmi : Hi duo viri dederunt ha^ duos Virgines ecclesiœ Grandimûntis , Giraldus abbas Sibergiœ, corpus Stœ Albinœ, virg. et martyriSy PhilipptÂS archiepiscopus Colopûiemis , Stœ EssentitB virg. et i/nart. Par derrière est démontré le martyre de ces vierges. — Cette châsse était celle de sainte Albine.

5<» Châsse semblable par sa forme et sa matière. Au-devant , l'image de la Vierge tenant un lis de la main droite et le petit Jésus de la gauche. Aux côtés . sont six images; au-dessus un Sauveur, avec six autres figures k ses côtés ; par derrière est représenté le mar^ . tyre de quelques vierges ; et plus haut quelques évoques ou abbés et trois vieiiges d'un côté qui ont des couronnes sur la tête. Sur une lame de plomb : Hoc est corpus Stœ Essentiœ virg. et martyr., quod Dnus arch. ColoniensisPhilippus nobis fecit dari dé Sto Illiberto, etc», et abbatissamonastetii Virginufh

CoUmiœ, etc. — Cette châsse était celle de sainte Essence.

6^ Autre châsse semblable. Sur le devant, rimage de la Vierge et de trois autres autres saintes avec des couronnes k leurs mains ; au-dessus , le Sauveur et six autres figures aux côtés. Par derrière sont , en haut , neuf vierges tenant chacune un lis en la main , et au bas est dépeint leur martyre ; Técriteau : Sta Panaphreta quœ fuit tma magistra sanctarum VtPginum CoUmiœ, quam Dnus Theobaldttë , reœ Noh varrœ, Campaniœ et Briœ cornes palatirms, attulit in Chrandimontem, VIL idûs aprilis, annoDni 1269.

7^ Autre châsse pareille aux précédentes. — Sur le devant» la Vierge tenant l'enfant Jésus et un lis; k ses côtés, six vierges; au-dessus , le Sauveur et trois images k chacun de ses côtés ; derrière est dépeint le martyre de ces saintes vierges , dont il y en a douze dans le haut qui tiennent à la main un lis; et vers le milieu sont écrits ces mots : Hic requiéscit corpus cujusdam virg. et mart, quam dédit eccl. Grandi^ montensi abbatissa monasterii Virginum Coloniœ. Un autre écriteau porte : Hoc corpus virg. et mart. habuit Hermannus decanus eccl. Apostolorum à quidam celkrario , cujusdam abbatiœ Cistercii , et dédit illud eccl. Grandim^ntis.

S^ Le célèbre reliquaire renfermant un morceai^ de (a vraie croix , àe quatre jwuces de long, large d^^un

travers de doigt, et aussi épais que large , ou croix double , était supporté par un piédestal de cuivre doré et émaillé , carré et orné de pierreries. — L'inventaire de 1575 le désigne ainsi : c La vraye croix qu'est

> dans le tableau d'argent que bailla feu de boune

> mémoire le trez illustre, prince Almaricus » (Amaury), roy de Jérusalem , et fut envoyée par » l'empereur de Gonstantinople (Manuel Gomnène,

> dont le roi épousa la nièce en 1167) en l'abbaye de

> Grandmont» par le vénérable évesque de Liddence. > Le pied , garni de pierres précieuses, est ouvragé fort 4lélicatement. Sur les battants du tryptique d'argent étaient gravés des vers latins k la louange d'Âmaury ; des vew grecs se lisaient aussi derrière Venchâssure d'argent doré de la croix. Le piédestal avait un tiers de mètre de haut, et chaque côté du carré 16 k 17 centimètres. Amaury était, comme on sait , de la fa-

. mille des Uizignan , comtes de la Marche limousine. 15® Pied d'une croix de cuivre doré appelée la Véronique , qui se détachait du reliquaire. Dans l'inventaire de 1575 , il est ainsi désigné : c Le pied duquel

> est un petit chandelier de cuivre doré et esmaillé , i rond, et orné de quatre figures d'aigles émaillées. »

16<^ Croix processionnelle de cristal, garnie de cuivre émaillé. (Inv.de 1611.)

17^ Autre pour le même usage, du même métal iloré et émaillé. D'un côté, un crucifix , et sous ses

pieds les images de saint Pierre , de ta sainte Vierge et de saint Jean ; de l'autre côté, l'image du Sauveur, m milieu ; celle de saint Pierre par dessus , les pieds en haut et la tête en bas; dessous, deux anges figurés; et aux bouts, un aigle et un lion.

19^ Quatre croix d'argent doré et émaillé, pied porté par quatre lions à la première. Sur toutes quatre , crucifix et images de la sainte Vierge et de saint Jean.

âO^ J)eux petites croix de cuivre doré et émaillé , Tune double et l'autre simple.

21^ Corpsekt (buste) ou chef d'argent doré de saint Etienne de Muret , de deux pieds de tour et un grand pied et demi de hauteur. Autour sont douze figures d'émail , dans quatre desquelles sont les armes du cardinal de Saint-Malo, donateur de ce corselet, et onzième aU)é de Grandmont. Les autres images représentent quelques actions remarquables de la vie de saint Etienne, sa mort et sa translation. Ce corps ou corselet avoit un soubassement d'argent émaillé. (Invent, de 1566.)

ââ^ Bras dudit saint, d'argent doré et émaillé, moins la main ; orné de pierreries , avec un anneau garni d'une pierre au doigt. (Invent, de 1566.)

25<^ Coffret de cuivre doré et émaillé, renfermant dans une coupe d'argent le chef d'une vierge oiartyre de Cologne , sur le crâne de laquelle parait le coup de

sabre qui fut celui de son martyre. (Invent, de 1495 et 15S5.)

SO^ Reliquaire de cuivre doré et émaillé , orné de pierreries, composé de sept petits dochers recouvrant de petits vases de cristal où sont des reliqnes de sainte Barbe, saint Léonard, etc.

3i<^ Reliquaire de sainte Madeleine, vase de cristal sur un pied de cuivre doré et émaillé, rond comme celui d'un calice , recouvert de cinq clochetons. (Sis tourailles de létondoré. Invent, de 1495 et 1535.)

34<^ Reliquaire de cuivre doré et émaillé , plaque ronde chargée de six tourelles de léton doré, ornée au milieu d*une agathe de la grosseur d'un œuf, garnie d'argent. Sur le piédestal, haut d'un pied, rond et doré , sont au bas gravées quatre figures dont l'une est du Crucifix. (Invent, de 1495, 1566 et 1575.)

Zb^ Reliquaire et statue d'argent de saint Sébastien, sur une base carrée de cuivre doré et émaillé. On y voit plusieurs figures d'émail, entre autres, aux ^eux côtés de devant, les armes d'Antoine Lallemand, évêque de Gahors et abbé de Grandmont, qui l'a donné. (Invent, de 1566 et 1575.)

59® Reliquaire d'argent émaillé, en forme de pomme. Les inventaires de 1495 et 1525 le désignent ainsi : ff Un autre de léton doré , à pied rond , le haut en

> manière d'une pomme nêlée (niellée) dorée , oii sont

> des reliques de saint Guillaume , archevêque de

> Bourges» eic; dans le pted(es<al) doré et émaillé, t des reliques de saint Léobon , etc. >

M^ Petite boîte d'argent dorée et émaillée, plate par dessus; autour il y a quelques oiseaux; le pied rond est de cuivre doré ; le tout haut d'un demi-pied. Reliques des saints Denis , Rustique , Eleuthère , etc. (Invent, de 1666.)

429 Autre semblable ; reliques de saint Loup, saint Sylvestre ; pied de cuivre gravé. (Invent, de 15iS6.)

44<» Reliquaire de saint Léonard, cuivre doré; cristal et clocheton de cuivre terminé par une croix ; pied rond où sont gravées quatre fleurs de lis. Les anciens inventaires en parlent en ces termes : Un vaisseau long, etc., ou sont des reliques de saitU lÀonard, de saint Martial, saints Léger, Sébastien, Fabien,

45® Reliquaire en façon de candélabre , <le cuivre doré et émaillé, long quasi d'un pied et demi ; pied rond porté par trois autres petits pieds oii sont trois serpents. Cristal enchâssé dans le cuivre contenant une dent de saint Etienne de Muret. (Invent, de 1495, 1525, 1575 et 1611.)

46^ Reliquaire de cuivre doré k pied rond , s'ouvrant k deux battants , sur Tun desquels une figure gravée avec l'inscription de SS. Martino et Fronte; sur l'autre , iine figure et ces mots : De Sta Albina. En dedans des portes : De Sta Essentia , de Sto

Aegidio. Sur la face extérieure , la sainte Vierge te- Dant un lis de la droite « Fenfant Jésus de la main gauche; au-dedans, unecroix formée decristaux. (Inv. de 1495, Répositoire de verre; celui de 1566, Tabernacle k deux portes , pied de cuivre maillé; celui de 1611» Reliquaire à deux feuilles, sorte de tryptique.)

Al^ Un ange en bosse, de cuivre doré et émaillé , porté sur un pied carré qui a quatre pattes; cet ange ayant sur la tète un petit cristal garni de cuivre doré contenant un doigt de saint Junien. (Angelot de cuiure doré, învent. de 1495 et 1525. Image en façon d'un ange de cuiure doré et esmmllé, 1575, venant de la chapelle de Balezys, dépendance de Grandmont.)

49<^ Reliquaire fait de deux plaques d'argent et cinq plaques de cristal disposées en croix ; derrière , croix en relief , petit pied de cuivre doré et émaillé en forme de trépied, comme celui d'un chandelier d'église. {Croix d'argent, forme ovalesque , avec cinq pièces de cristal; invent, de 1611.)

S9^ Autre (perdu) de N. D., en cristal garni d'argent et d'émaux aux deux bouts, porté sur quatre petits serpents servant de pieds. (1495 et 1525.)

65<> Petit chandelier de léton doré et émaillé, h trois pieds , sur lequel se place un cristal renfermant une dent de saint Jovinien ou Jouen. (Invent, de 1495, 1525 et 1575.)

7(y> Reliquaire decuiyre doré et émaillé, k base ronde portée par quatre petits s^pents ; au-dessus , un verre renfermant des os de saint Àmand et de sainte Justine.

729 Châsse en forme de bahut , ou coffret de cuivre doré et émaillé par dehors; au-devant, quelques figures de saints et trois anges par-dessus , et deux de chaque côté; reliques des saints Anselme, Antoine, €aprais , Ëusèbe , sainte Foy , etc.

73® Coffre de léton (cuivre) doré et émaillé ; trois figures de saints sur le devant et autant sur le panneau de derrière , deux sur chaque côté , beaucoup d*anges à Tentour; porté sur quatre petits pieds ^ tout doré par dedans. Les inventaires de 1495 et 1525 le signalent comnae étant tout esmaillé et figuré à personnages , avec une boucle (anneau) par dessus ; reliques de vierges compagnes de sainte Ursule. C'est peut-êixe celui du Musée.

Six autres coffirets, grands et petits , de cuivre doré et émaillé , sont indiqués sans autres détails par les inventaires de 1575, 1611 et 1639.

74° Coffre fait en châsse, de cuivre doré et émaillé par ddiors, avec l'image d'un crucifix entre la Vierge et saint Jean , et deux autres saints k ses côtés. Par dessus, un Sauveur au milieu des quatre évangélistes et de. deux autres saints; derrière, quatre figures comme d'apôtres, au bas; quatre dans le haut, et

— ro —

deux dé chaque côté. Reliques de sainl Braudan, compagnon de saint Maurice ; de sainte Albine de Cologne. (1495 et 1525.)

75<» Goffiret plus grand» couvert de liton» et k quatre

personnages sur le devant. (Invent, de 1495 et 1525.)

Celui de 1666 en parle en ces termes :

f Un autre coffre de bois [dus (grand) que tous les

» précédents» garni de cuiure doré oii sont par de-

> vaut quatre images en bosse sur autant de plaques » de cuiure doré et esmaillé , où il y a écrit sur la

> première : Guillelmus prior Grandimontis , et de » nbéme sur la seconde. Sur la troisième : 5. Ste- » phanus prothomartyr. Sur la quatrième : Ber- » nardus de Sto Elegio. Il y a aussi gravé au bord du

> couuércle, sur la teste de ces quatre figures :

% Hic sunt Sanctoruçi saciro$ai|çia memoria quorum » Sit consolamen uobis orantibus. Aiuen. »

Vers léonins ou rimes. — Reliques anonymes.

ISf^ Deux coffres remplis d* ossements sans écriteau» en cuivre doré et émaillé. (Invent, de 1629.)

80^ Vieux calice d'argent doré, orné de figures en émail. Sur le revers de la patène, un Sauveur en émail avec plusieurs lis , etc. Apporté k Grandmont par le révérend abbé Rigal de Lavaur, acheté cin^ quante écus » et estimé soixante par les orfèvres de Limoges.

Un inventaire très sommaire, adressé» en 1770, ^ l'archevêque de Toulouse, mentionnait l'ancien autel servant de chapelle dans la nouvelle église , tout en bronze doré et émaillé, trois croix, sept grandes châsses ornées de figures et de pierreries, six reliquaires en bronze doré et énoiaillé, trente-neuf en argent ou cuivre émaillés , en partie ornés de pierreries.

Un assez grand nombre de ceis reliquaires et de ces reliques de Grandmont fut distribué , en 1790, aux paroisses du diocèse de Limoges, comme le,constate le procès-verbal rédigé par l'abbé Legros, secrétaire de la commission établie par Mgr d'Argentré pour cette distribu^on ; il est signé et daté du SO décembre

Les vandales de la révolution ^ les chaudronniers et les brocanteurs ont fait disparaître et dispersé tous ces précieux chefs-d'œuvre de l'émaillerie limousine. Un ^^ul chaudronnier est convenu d'aVoir fondu plus de quinlKe j}uintaux de cuivre qu'il avait dépouillé , k coups de làafteau , de ses brillantes peintures d'émail. Les ventes et refentes de la belle châsse de saint Gal« kninius de la Guenne ont fait assez de bruit. Nous re^ trouvons les émaux de Limoges aux Musées du Louvre et de Cluny, et dans ceux des villes de France et de l'étranger. Les catalogues des collecteurs d'émailx contiennent la description de quelques-unsf de ces émaux enlevés k notre paysi Dans celui de M. Didier

Petit , de Lyon , on reconnaft des détails qui se rapportent très exactement à certains reliquaires de Grandmontqueje viens d'indiquer. Au n<» 111 on lit : f Patène attribuée k un Laudin , de 15 centimètres et » demi de diamètre , représentant dans sa partie con- » cave un Ecce Homo couvert de plaies, encadré > d'ornements dorés et de couleur sur paillon. Au » milieu de la partie convexe, émaillée en noir, le » monogrammedu Ghristl.R.S. en lettres d'or. > Cette patène , que j'ai vue k Limoges, et dont j'ai adoriré le beau travail et la parfaite conservation , provenait sûrement de l'élise de Saint-Âurélien , ob l'on en regrette une semblable et une crosse éosaillée.

On peut juger, d'après l'aveu de ce chaudronnier qui ne fut pas le seul coupable de ce <;rime de lèseémaillerie, si José m'exprimer ainsi , et les énumérations des catalogues , ce qui devait exister d'émaux h Limoges à la fin du dernier siècle. Nous devons déplorer plus particulièrement la perte du bahut de saint Maurice, des châsses de sainte Flavie Domilille et de saint Asclèpe, conservées à saint Âugustin-lès-Limo* ges (Bénédictins?) ; la petite châsse de saint Gérald , sans compter un nombre infini de grands ou petits tableaux des saints patrons que chaque famille pieuse faisait confectionner k nos artistes. Us sont perdus sans retour ; et nous ne parlons que de Limoges.

Notre diocèse, si vaste dans les siècles précédents.

devait en posséder en proportion une quantité plus considérable. On retrouve quelques traces des richesses en œuvres d*émaillerie de ses paroisses dans les procès-verbaux de visites ou inspections des églises et chapelles du diocèse de Limoges. Pour n*en citer que quelques-uns : k Ar feuille, près Felletin, août 1730, tableaux dorés et éD3aillés|'^ Bun-le-Palleteau , 1767, reliquaire émaillé; Saint-Aniand-le-Petit , 1770, retable de bronze peint; Bénevent ^ 1774, châsses et reliquaires en cuivre émaillé , contenant des reliques des saints Innocents , saint Martial , saint Léobon , saint Biaise, etc.;.k Puybonieux, chapelle dépendant de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, reliquaire émaillé de saint Fiacre. Ceux de Tabbaye de la Couronne couvraient trois grandes tables.

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