‹ Émaux BressansChapitre 3 sur 61 · EN BRESSE · texte numérisé non relu

EN BRESSE

Devant moi tout est calme, immobile et charmant. C'est mai, le ciel joyeux rit au travers des branches, Sous les buissons en fleur Feau court, et, toutesblanches. Les fermes au soleil se réchauff"ent gaîment.

Voici la mare verte où vont boire les canes, L'enclos ensoleillé, plein de vaches bressanes. D'où l'on voit devant soi les merles s'envoler; Ici les peupliers ébranchés ; là des saules Trapus, noueux, courbant leurs solides épaules Comme de vieux lurons que l'âge fait trembler.

Plus loin c'est la maison des Frères, et l'église, Avec son coq gaulois et sa toiture grise ; Puis, l'auberge enfumée : Au grand saint Nicolas. L'enseigne pend au mur où bourdonnent les ruches. La nappe est mise. Holà! qu'on apporte les cruches, Nous boirons au bétail à l'ombre des lilas.

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