‹ Emaux bressansChapitre 52 sur 59 · LES CLOCHES DU PAYS · texte numérisé non relu

LES CLOCHES DU PAYS

A Sully Prudhomme.

Combien je vous aime, ô voix argentines, Cloches du pays, sœurs de mes vingt ans! Ave-Maria, laudes et matines.

Combien mon cœur bat quand je vous entends!

Aux jours bienheureux de ma prime enfance, Quand j'étais encor timide et pieux.

Mon sommeil était sous votre défense, Et vous me faisiez des rêves joyeux.

Rien n'était si beau que vos envolées Dans le grand soleil de l'après-midi ; Je suivais des yeux vos notes ailées Qui tourbillonnaient dans l'air attiédi;

Puis rasant l'église et ses vieilles tombes, Planant sur le bourg à peine un moment, Comme un fol essaim de blanches colombes. S'en allaient se perdre au bleu firmament ;

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