L'ŒUF AVANT ET PENDANT LA FÉCONDATION
Les ovaires sont pairs, antérieurs, exactement dans la position qu’indique lijima, et enclavés (PL. I, fig. 11, 12 et 13) dans le reticulum conjonctif de la face ventrale du corps. La #wnica propria d’Hijima (1),la capsule de Minot (2), la membrane d’enveloppe de Moseley (3) et de Kennel (4), ne doivent être considérées, selon moi, que comme un état particulier de condensation du tissu conjonctif environnant; en effet, la limite de l’ovaire, même lorsqu’elle est bien nette du côté de cet organe, se fond de l’autre côté dans le reticulum conjonctif avec lequel elle ne présente pas de ligne tranchée.
Les coupes faites à travers des ovaires mürs (PI. I, fig. 11- 14), montrent les œufs dans les mailles d’un stroma conjonctif lâche. Ce stroma ovarien présente des cellules anastomosées (Pl. I, fig. 14) qu’il est impossible de diffé-
(A) Lot: cit.
17 (2) Studien an Turbellarien.(Arbeiten aus dem z00l.-zoot Institut zu Würzburg. T. 111, 1877). |
(3) On the Anatomy and Histology of the Landplanarians of Ceylan. (Phil. Trans. Royal Society. London , 187%).
(4) Die in Deutschland gefundenen Landplanarien. (Arbeiten des z00l.-zoot. Inst. zu Würzburg. T. V, 1879).
rencier de celles qui existent dans le tissu conjonctif du corps. Je partage à leur égard la manière de voir de Lang, de Kennel et de Moseley qui les désignent sous le nom de Pindegervebszellen.
Primitivement, le tissu de l'ovaire est dense ; les mailles apparaissent et s'accroissent à mesure que les œufs se développent et approchent de la maturité.
Les œufs ovariens à peu près mûrs sont ovoïdes, et ont leur grand axe parallèle à l'axe longitudinal de la Planaire. Cette disposition apparaît avec netteté dans les coupes longitudinales (PI. I, fig. 13). Ils sont nus. Leur protoplasme (PI. I, fig. 14, 15 et 17) finement granuieux, est à structure radiaire souvent très manifeste. On n'observe à leur intérieur ni globules réfringents, ni corpuscules se comportant d’une manière spéciale avec les colorants, mais seulement des granulations plasmatiques. Ces œufs peuvent être considérés comme. le type des œufs alécithes. Nous verrons par la suite qu’ils se comportent comme telsau début de la segmentation. Je ferai cependant observer que, traités par l’acide osmique, ils prennent une très légère teinte girofle ; mais cette teinte est uniformément répandue, de sorte qu’on ne peut pas dire que les œufs des Planaires d’eau douce contiennent des réserves nutritives.
Le noyau est volumineux et renferme plusieurs grains de chromatine qui, à un fort grossissement, paraissent être des pelotons de filaments.
La pénétration du spermatozoïde à l’intérieur de l’œuf se fait dans l’utérus, très certainement pour P/. polychrow, et très vraisemblablement pour Dendr. lacteum. À ce moment, il se produit des changements dans la structure de l’œuf (PL. IT, fig. 3 et 4. La disposition radiaire du protoplasme devient moins évidente, mais par contre, si l’on examine avec les lentilles à immersion le noyau, on voit que celuici (PI. IT, fig. 3) présente dans plusieurs de ses points une structure radiaire. En outre. les grains de chromatine, qui étaient en nombre variable et de volumes différents, se
rassemblent en quatre paquets égaux. Dans la figure 3 : (PL. INT) les deux masses chromatiques plus foncées sont celles qui se trouvent au point de la lentille, les deux moins ombrées sont sur un plan un peu inférieur. On voit, dans la même figure, à l’un des pôles du noyau, six vésicules claires qui ont pris naissance dans le protoplasme au point même où on les observe, et quisemblent adhérer au noyau. Ces vésicules sont à peine colorées par le carmin et ont l’aspect de vacuoles renfermant un liquide moins réfringent, moins dense que le protoplasme.
L’œuf de la figure 4 (PI. IIT) provient, comme le précédent, d’une coupe de l’utérus de 27. polychroa (PI. IT, fig. 1). Il ne présente pas exactement les mêmes caractères que l’œuf de la figure 3. Le noyau est moins dilaté et ne présente pas de structure radiaire : la chromatine est condensée en trois masses à peu près égales et présente en outre cinq ou six corpuscules de petite dimension disséminés dans le protoplasme nucléaire. A l’un des pôles du noyau, on observe une seule grosse vésicule claire ayant exactement le même aspect que celles de l’autre œuf, mais pourvue de deux petits grains colorés par le carmin ; enfin au pôle opposé, au milieu du protoplasme, se trouvent deux grains de chromatine entourés d’une auréole claire. Comme ces grains chromatiques ne se rencontrent jamais dans les œufs ovariens en dehors du noyau, ni dans les stades postérieurs à la fécondation, je me demande s'ils ne représentent pas la première ébauche du pronucleus mâle. $’il en était ainsi, on voit que la pénétration du spermatozoïde se ferait par le pôle opposé à celui où se trouvent les vésicules claires.
Chez PI. polychroa, je n’ai pas eu occasion d’observer la fécondation proprement dite. Mais j'ai rencontré plusieurs stades correspondant à ce phénomène chez Dendr. lacteum. Je vais les décrire isolément.
Dans cette espèce, les œufs beaucoup plus volumineux que chez PI. polychroa, comme on peut le voir en comparant les figures 3 et 4 (PI. III, avec les figures 2-4 (PI. Il)
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qui sont dessinées au même grossissement. Je dois cependant faire observer que la différence de volume est un peu exagérée par suite du trailement différent, auquel les œufs de ces deux espèces ont été seumis, traitement qui est indiqué à lexplication des planches.
L'œuf de la figure 2 (PI. Il) provient d’un cocon ouvert environ dix heures après la ponte. 1l est ovoïde ; une de ses extrémités est plus obtuse que l’autre, mais toutes deux sont moins colorées que le reste du protoplasme et paraissent constituées par une substance absolument homogène, dépourvue de la moindre granulation. Le protoplasme de l’œuf présente des corpuscules qui sont nettement disposés suivant les méridiens, disposition qui apparaît encore avec plus de netteté dans les œufs non colorés (PL. IT, fig. 33). Au centre de l’œuf se trouve le pronucleus mâle et le pronucleus femelle dans une position telle que la ligne qui joint leurs centres fait avec l’axe longitudinal de l’œuf un angle d'environ 70°. Ils sont de volume égal, sphériques et moins colorés que le protoplasme ovulaire, mais présentent à la périphérie un réseau de rubans de chromatine. Enfin, un de ces pronucleus est accompagné de trois vésicules claïres, tout-à-fail comparables à celles que j’ai signalées plus haut dans des œufs moins avancés de PJ. polychroa.
L'œuf de la figure 4 (PL. Il) présente les mêmes carac- tères que celui de la figure 2. Seulement il ne montre aucune trace des vésicules claires, et la ligne qui joint les centres des pronucleus fait avec l’axe longitudinal de œuf un angle d'environ 45°.
L’œuf de la figure 3 (PL. IT) est certainement à un stade plus avancé que-les deux autres. Il est plus renflé à l’équateur, l’axe longitudinal étant plus raccourci; la ligne qui joint le centre des pronucleus fait avec l’axe principal de l’œuf un angle de 90°; les deux pronucleus sont en contact par une large surface et semblent faire corps l’un avec l’autre; eniin les trois vésicules claires, dont deux son! pourvues chacune d'un corpuscule coloré par le carmin, ne