‹ Émétine et atropineChapitre 6 sur 24 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES DE LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES DE LA PREMIÈRE PARTIE

1. L'éméline directement appliquée sur le cœur ou injectée sous la peau, ralentit les battements du cœur de la grenouille C'est ce que tous les observateurs ( Pécholier, d'Ornellas, etc. )

t ont déjà constaté.

Ce ralentissement peut aller jusqu'à l'arrêt complet du cœur en diastole. Dix et même cinq milligr. appliqués sur le cœur ont toujours produit ce résultat; à partir de deux milligr. et audessous, les résultats sont différents suivant les animaux.

2. Ce qu'il y a de plus intéressant dans les effets de l'éméline, c'est la marche du ralentissement.

a. Il y a quelquefois d'abord une période d'accélération. Cette période ne nous n pas paru aussi nette et aussi constante qu'à d'Ornellas. Dans plusieurs cas, nous avons eu une accélération de 2 ou 4 pulsations; dans un seul, cette accélération a été sensible et a atteint 12 pulsations à la minute.

b. Que celte période d'accélération existe ou non, il y a sou-

venl au débul ( surloul quand on procède lenlemenl par de faibles doses graduellemcnl croissanles) une phase de ralenlisscmenl \é^er cl progressif.

c. Mais le phénomène capital, que nos expériences mellcrit bien en lumière, c'est la chulo très brusque qu'enlralne l'éméline dans le nombre des pulsations, quelle que soit la voie d'application.

Nous n'avons pas trouvé ce phénomène noté dans les auteurs antérieurs. Seul, Dyce-Duckworlh signale, peu avant la mort, une chute brusque de la pression sanguine.

d. Enfin, après cette descente verticale de la courbe, le pouls s'immobilise h ce chiffre, ou bien il y a encore uue phase de descente progressive peu accentuée.

3. La chule brusque des pulsations est donc le phénomène caractéristique de l'action de l'émétine.

L'étendue de cette chute est considérable. Des chiffres que nous avons donnés, il semble résulter que le ralentissement est en général de 50 pour cent : le pouls tombe de 2 n à n par minute.

Les doses nécessaires pour produire ce [thénomène sont variables suivant les animaux. Nous avons cité des cas où deux milligr. suffisaient, et un cas où dix milligr. ne suffisaient pas. Ces faits montrent qu'on nepeutpas accepter deschiffresabsoluscl généraux comme ceux de d'Ornellas. On ne peut connaître la dose minima nécessaire à chaque grenouille qu'en procédant graduellement et en injectant sous la peau de l'émétine, milligr. par milligr.

Nous avons vu deux fois le phénomène de ralentissement brusque se produire absolument sous nos yeux : le pouls tombe immédiatement de 2 n à n ; puis surviennent quelques phases passagères de l'ancienne fréquence avant que les contractions se fixent définitivement à n par minute. On peut rapprocher ces faits des irrégularités notées par Podwyssotzki.

4. En dehors des phénomènes précédeuls, qui portent sur le nombre des pulsations, il y a ensuite des modifications dans les caractères de la contraction.

Ces modificalions sonl:a, l'alTaiblisscment des contractions i ( PodwYSSolzki le signale aussi, tandis que d'Ornellas parle de I conlraclion plus lente et plus profonde ) ; 6, le dicrotisme de la diastole; c, le dicrotisme de la systole; d, d'autres fois le caractère ondulé des contractions (ce sont ces derniers phénomènes que Podwysslzki a dû observer quand il parle de contractions prenant le caractère péristaltique).

I 5. Ces diverses modilicalions de la contraction cardiaque sont absolument distinctes du ralentissement. Elles ont été observées avant, pendant ou après la chute; on les a notées alors que le [touls était plutôt accéléré, etc.

Le dicrotisme de la diastole |)récède le dicrotisme de la systole; ce dernier est un signe d'intoxication beaucoup plus grave.

Deux des considérations précédentes sont particulièrement importantes pour l'étude des substances antagonistes de l'émétine: 1. La chute brusque caractéristique de 50 pour 100 des pulsations produites par une dose miniiua d'éméline variable suivant les grenouilles; 2. l'indépendance de ce phénomène portant sur la fréquence des pulsations et de l'ensemble des autres phénomènes également produits par l'émétine, et qui portent sur les caractères de la contraction cardiaque.

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