‹ Émile AugierChapitre 22 sur 24 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Silence à Boislangeais !

CHATEAUVIEUX

Nous voyons passer dans le jardin une délicieuse créature de la dernière élégance, suivie par un tas de galopins, et par quelques badauds, auxquels nous nous joignons. On riait en se montrant un chignon extravagant retenu sur sa tête par un gros peigne d'écaillé.. . Jamais lafolie du cheveu n'avait été poussée si loin.

BOISLANGEAIS.

Un seul mot : blonde ou brune *?

JEAN

Blonde.

BOISLANGEAIS.

Tant pis. Tu m'intéresses vivement, Châteauvieux, continue ; je suis suspendu à tes lèvres .

CHATEAUVIEUX

Merci bien! Voilà qui me ferme la bouche.

JEAN

Bravo, Ghâteauvieux, bien répliqué.

CHATEAUVIEUX

Je passe la parole à Thommeray.

BOISLANGEAIS.

J'accepte cette commutation de peine.

JEAN

La belle allait son chemin avec un superbe dédain des rieurs, quand un de ces polissons lui tendant sa casquette d'une main et lui montrant de l'autre un passant chauve qui s'épongeait : « Un peu de cheveux, s'il vous plait, pour un pauvre père de famille qui n'en a pas! » Là-dessus éclat

de rire général, qui dégénère bientôt en huées La

demoiselle s'arrête, rouge comme une pivoine ; elle enlève son peigne, et on voit ruisseler jusqu'à ses talons un fleuve de soie et d'or.

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