LA TRADITION
os aïeux, qu'à la condition de les comprendre d'abord de relier harmonieusement notre pensée à la leur. eur génie était tout impulsif ; le nôtre est fait d'impulon et de savoir. Or, ce que nous apprenons d'eux, et manière de l'apprendre, constituent la tradition, raie et écrite. C'est le trésor commun où chacun de ous puise selon sa vocation ; même les poètes s'y imentent, et ceux qui, sur cette terre vieillissante, se roient uniquement inspirés, sont traditionnels sans le ivoir. C'est donc faire preuve de sagesse et de force ue de reconnaître la puissance du passé, d'en recherîer l'appui et les leçons, quelle que soit notre permnalité ; c'est accomplir en sa plénitude notre destine, telle que nous la présente, et au besoin nous mpose; l'âge mûr de l'humanité. G- retour en arrière, dispensable à qui veut faire encore des actions dubles, Emile Blémont, aimant et respectant les bonnes uvres révolues, l'avait commencé en ses débuts, en s évolutions de jeunesse, et à côté de Hugo; il prouva l'il était décidé a l'achever, lorsqu'en avril 18^7 il oda cette Revue : la Tradition, dont le titre affirme, i nos temps superficiels qui ricanent volontiers sur passé, la solide texture de son tempérament et suffit définir un chapitre de sa vie.
C'est au nom d'un groupe de publicistes, de poètes, s savants, parmi lesquels Paul Arène, Gabriel Vicaire, imille Pelletan, Emmanuel des Essarts, A. Desrousaux, Charles de Sivry, qu'il publia cet organe, avec înry Carnoy. Le programme, en tête du premier nuéro, était d'Emile Blémont ; ii y remarquait que les •ciétés et Revues traditionnistes publiaient des docu-
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ments sans se soucier de leur emploi dans l'œuvre s||l périeure de l'art et du progrès. « Il leur manque pïfF sieurs attributions, ajoutait-il : 1° la variété sans parMl pris et toute l'universalité possible dans les recherchai1 2° le contrôle et le choix des matériaux, c'est-à-direfp méthode sélective qui peut seule en garantir l'aulhif ticité et la valeur ; 3' la critique, la philosophie et VmF terprétalion des documents ainsi obtenus, c'est-à-dM* le développement normal des forces et des formj i qu'ils contiennent en germe. » 11 étudiait ensuite la vf ■ leur de la tradition pure, l'évolution de la traditwœ vers l'art, l'esthétique de l'inconscient et l'eslhétiJp du conscient, et leur synthèse, en un chapitre Ij1'1 logique profonde, ferme, éclairée, qui blesse à maint celte fausse, cette aveugle science peur laquelle! génie est un simple cas pathologique, la force le sa] droit, l'appétit et la bête les seuls triomphateur « tout ce carnaval, brutal et funèbre connue u faune en habit de croque-mort, qu'on appelle le mode nisinc. »
Il y montrait encore que le rythme de notre évo| tion doit se régler à la fois par l'instinct, rôle init et ia raison, rôle capital. « Dans un grand homme, il, il y a et il doit toujours y avoir un inconscient, n veux et sentimental comme une femme ; mais il y a il doit toujours y avoir en outre une clairvoyante dominante virilité. » Il expliquait ensuite et dévelo paît les trois propositions du programme, avec ui plénitude et un système sélectif qui montraient s( instinct sûr autant que ses réflexions profondes de tr ditionuiste. Il y a, dans cet article, un grand nomb: