A QUOI TIENT L* AMOUR
VImmorlaliiê sélective, Victor Hugo et les Nations, le tète de la Bonté. A ces solennités se rattachent aussi Bix livres dont les éléments ont été réunis et couronnés par lui, pour Paul Meurice qui les fit éditer :
Centenaire de Victor Hugo, relation des Fêtes, comrenant les Litanies, parues d'autre part chez Leicrre ; — la Couronne poétique de Victor Hugo (chez asquelle), recueil des poèmes adressés à Hugo ou ;rils en son honneur. Les poésies de ce recueil vont î 1817 à 1902. C'est un précieux document d'études keraires : on y a le chef romantique vu dans le mi- >ir de l'opinion des poètes du xixe siècle. Emile Blélont est représenté personnellement par six poèmes.
Un autre recueil. Victor Hugo par le Bibelot, donna :s six vers de Blémont dont le manuscrit photograhié servit de légende à la carte postale offrant le por- ■ait de Plugo gravé par Legénisel :
C'est le grand vieillard paternel Couronné de neige sublime.
C'est l'âme auguste. C'est la cime, A jamais dressée en plein ciel, D'où s'épanche un fleuve éternel De bonté pure et magnanime.
Après avoir soldé toutes les dépenses du monument jauguré le 2G février 1902, Emile Blémont put reîellre à Paul Meurice soixante-quinze mille francs, ni servirent à couvrir les frais d'aménagement en uisée de l'ancienne demeure de Victor Hugo, Place es Vosges. Meurice aurait préféré la maison de Passy, ù est mort le Maître ; mais le propriétaire en deman-
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dait cinq cent mille francs. Une heureuse idée vint à Blémont : celle d'installer le musée dans le bâtiment de l'ancienne Place Royale, qu'avait habité Hugo de 1833 à 1848. Ne serait-il pas bon que Victor Hugo lût représenté, là par le monument, ici par le musée I Meurice ne se laissait pas convaincre. Alors, Blémont se rendit, seul, Place des Vosges ; il apprit que l'immeuble, occupé par une école primaire, était propriété municipale ; il alla à l'Hôtel de Ville, y acquit la certi-j tude qu'on pouvait s'entendre avec îa municipalité pour le déplacement de l'école, l'aménagement à faire et le régime à établir II réussit enCn à emmener Paul Meurice place des Vosges ; et Meurice fut enthousiasmé par l'aspect imposant de l'édifice, qui lui rappelait de si beaux souvenirs de jeunesse. La cause était gagnée.
Blémont a fait don au musée de quelques objcîs, entr'autres : un tableau de Joseph de Nitti.s, la G risette, i inspiré par des vers de Hugo ; six grandes et curieuses j gravures coloriées, sous cadres de l'époque, représentant des scènes de Notre-Dame de Paris; un buste, en biscuit blanc, de Victor Hugo, et une photographie de Hauteville-House, par Adolphe Pelleport, montrant la famille Hugo groupée dans le jardin, autour du bel aloës en fleur. Un quatrain de Pelleport, qui n'a pas été recueilli dans son livre posthume, Tous les Amours, sert de légende à cette dernière image :
Fleurir, Mourir, Peut-être Renaître !
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Emile Blémont tut un des premiers souscripteurs de a statue de Victor Hugo inaugurée à Rome le G mai 1905, jour laquelle le sculpteur Lucien Pallez le consulta. 3 rêve d'autres eifigies du Maître à Guernesey, Maïrid, Athènes. Je rappelle encore qu'il a donné de lombreuses études sur les ouvrages de Hugo publiés iepuis la fête de 188!, des impressions spéciales sur les autres livres, la vie, la correspondance. On a souvent annoncé qu'il écrivait une Histoire de Victor Hugo : tel est, en effet, le titre de l'ouvrage qu'il espère pouvoir achever, et pour lequel il a accumulé les iocuments les plus divers.
En mars 1902, je commençai ma campagne littéraire par une Enquête sur ta Littérature , à laquelle Blémont répondit : « ... Les anciennes lois littéraires ne subsistent plus qu'à titre d'indications expérimentales et de conseils aux débutants. Toutes les entraves sont abolies. Qu'on marche donc en avant vers le prochain idéal ! » Quand ma brochure parut, il m'écrivit :
i Paris, 7 juin 1902.
« Mon cher confrère, « Je m'empresse de vous remercier pour votre bienveillant envoi, et de vous féliciter pour votre excellent travail.
« L'Enquête sur la Littérature, menée à si bonne fin
par vous au printemps de 1902, restera le point de
départ d'une nouvelle et généreuse évolution poétique.
« Cette évolution ne pouvait débuter sous un
imeilleur parrainage.
• Votre bien dévoué,
Il avait répondu le premier à mon enquête, et sa lettre fut la meilleure qu'elle suscita : je lus vivement touché de ces deu:: témoignages où je vis autant de sympathie que de vaillance. Je voulus connaître mieux l'œuvre de cet homme de bien et de talent ; et dès lors, la présente étude fut décidée.
Cette même année, Blémont collabora à l'Indépendance belge, et à Cosmopolis (1902-1903). Il contribua, par une page de prose, au Tombeau de Louis Mânard. Il écrivit la prélace de l'Amour des bois et des champs, d'Antony Valabrègue (Lemerre); il y faisait revivre Valabrègue, en un portrait familier, de touches nombreuses et fines, et analysait l'oeuvre à fond, quoique rapidement.
Il fut un des membres les plus actifs du Comité pour le buste de Gabriel Vicaire, qui avait débuté à la Renaissance. Le 20 octobre 1902, Francisque Allombert, député de l'Ain, président du Comité, lui écrivit : « Vous avez été notre conseil, notre guide, et vous vous êtes contenté — vous qui auriez dû nous présider — d'être le membre du Comité le plus assidu, le plus iidèle, le plus dévoué... » Quand le buste, œuvre d'Injalbcrt, fut inauguré au Luxembourg, le 23 octobre, Blémont, au nom de Jules Claretie empêché et en son propre nom, prit la parole : « ... Vicaire a chanté les bonnes fées qui lui avaient fait ce don incomparable, ce don magique : le charme... Autour de ce buste si ressemblant, si vivant, flottera sans fin. désormais, un rêve d'amour délicieux et léger, que ne pourront flétrir ni glacer les automnes ni les hivers... »
Le 1er mars 1903, à la solennité de la Sorbonne pour