VI EMILE CLERMONT
rêoe, dans son regard pins ferme et plus vif; une allure plus décidée, quelque chose de moins renfermé et de plus affectueux.
Un jour quil était venu en permission, au moment de regagner son régiment, il avoua à quelqu'un, avec qui il parlait d'clme à âme, qu'il craignait qu'une certaine personne de leur entourage ne se fût scandalisée parce qu'il ne repartait pas avec asser d'enthousiasme. Il s'en attristait. « Mais quoi, disait-il, si je savais que je vais être pris dans une catastrophe de chemin de fer et que je souffrirai beaucoup, je ne pourrais m'empêcher d'être saisi par un sentiment d'effroi. La guerre, c'est pire encore, et je ne peux pas empêcher en moi cette ang-oisse, mais je suis content de partir parce que c'est remplir mon devoir. Que penses-tu de cela? »
Et la sœur bien-aimée, la confidente devant qui il venait ainsi de penser tout haut, le tranquillisa, car, me dit-elle, ^ Je trouvais cette attitude d'dme tellement plus belle qu'un enthousiasme irréfléchi! »
Je ne diminue pas mon ami en vous montrant ses scrupules et tout ce qu'il surmontait. Un soldat improvisé a bien le droit d'avoir un cœur plein d'humanité, quand le grand Turenne et les plus fameux hommes de guerre ont confessé les mouvejnents de leur nature, et il ne faut pas que nous ignorions ce que supportent dans cette guerre les généreux soldats de la France.
Conscient de l'effort qu'il voulait faire et qu'il