‹ Emile Deschamps, dilletanteChapitre 12 sur 62 · Inédit. Collection Paignard · texte numérisé non relu

Inédit. Collection Paignard

« Monsieur. Mes images sont à l'imprimerie depuis quelques jours déjà. Quand j'aurai des épreuves, j'irai vous les soumettre. — Ce sera ces joursci, je l'espère. — Je regrette de n'avoir pu les achever plus tôt. Je crains d'avoir pris les sujets un peu trop à ma façon. — Vous verrez — ce qui ne vous plaira pas sera refait.

« Adieu, Monsieur. Mon talent sera toujours le très humble serviteur du vôtre. « Gavarni.

« Dimanche ».

Si nous sommes réduits à des conjectures en ce qui concerne les relations d'Emile Deschamps avec les Devéria et Louis Boulanger, il n'en est pas de même pour d'autres artistes, dont quelques-uns sont parmi les plus grands maîtres de l'Ecole nouvelle. Je ne dis pas cela pour Claudius Jacquand, peintre médiocre, qui fut un ami du poète, ni même pour Champmartin, qui eut d'ailleurs un grand talent, mais pour Ingres, pour David d'Angers et pour Delacroix.

Nous retrouvons le témoignage des relations d'Emile Desehampe avec tous ces artistes dans sa correspondance et dans ses œuvres. ,

Claudius Jacquand, peintre d'une fécondité déplorable ^, a exposé aux Salons, presque sans interruption, de 1824 à 1875. Elève de Fleury Richard, il appartient à cette Ecole lyonnaise qui entreprit plus obstinément qu'aucune autre de découper en vastes scènes colorées le moyen- âge et l'histoire. Peintre obsédé d'idées littéraires, il donne à chacun de ses tableaux un aspect mélodramatique, qui, de nos jours, a cessé de plaire. Il a emprunté plusieurs de ses sujets au Cinq-Mars d'A. de Vigny, et remporta un grand succès en 1837 avec une toile représentant une scène tirée de Lamartine : Jocelyn aux pieds de VEvêque. Nous avons vu dans l'Album ^ de M"^^ Emile Deschamps une esquisse de lui représentant la Fuite du Roi Rodrigue, que lui inspira le Romancero d'Emile Deschamps.

Ainsi rois, chevaliers, troubadours et mousquetaires, défilent dans ses œuvres ; mais les moines eurent ses préférences, et c'est le peintre des moines qu'Emile Deschamps eut l'occasion de célébrer un jour dans une pièce de vers qui veut être un éloge, et qui le fut sans doute, en 1840, quand elle fut écrite. Malheureusement pour nous, qui regardons ces tableaux avec d'autres yeux que ceux de nos grandspères, elle nous apparaît presque comme une satire involontaire de cette mode des tableaux d'histoire qui sévissait à l'époque romantique et dont les toiles de Jacquand sont les « poncifs ». Il s'agit d'un tableau

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