DELACROIX
projet. Je suis tout fier, tout heureux d'avoir fourni un peu l'occasion d'un nouveau chef-d'œuvre.
« Dites-moi quand je pourrai me présenter quai Voltaire, n® 15, et recevez la nouvelle expression de ma déjà vieille amitié ^.
« Emile Deschamps. « rue de la Ville-l'Evêque, n° 10 bis, Paris, 1er mai 1833.
(Au verso, esquisse à la plume d'une tête de cheval et de ses pieds de devant.)
Le tableau de Delacroix ^, inspiré par le Romancero d'Emile Deschamps avait passé, après la mort d'Alexandre Dumas fils, dans la collection Chéramy. Cette collection a été mise en vente le 15 avril 1913, et voici dans le compte rendu de cette vente, tel qu'il parut le lendemain dans le Temps, le passage qui nous intéresse.
Parmi les Delacroix, on a donné 25.000 fr. d'une toile provenant de la vente Cronier, Hercule et Alceste ; 13.100 fr. pour Hamlet et le cadavre de Polonius ; 5.000 fr. de la Grèce expirant sur les ruines de Missolon' ghi. On a payé 7.000 fr. une Odalisque ; 3.200 fr. une Madeleine en prière ; 3.050 fr. une Etude de babouches ; 4.500 fr. Jésus-Christ et saint Thomas ; 9.000 fr. le Roi Rodrigue blessé, après la bataille de Guadalète ; 5.200 fr. une Variante pour le « Justinien » ; 3.100 fr. pour Eugène Delacroix en Hamlet. Sur une demande de 8.000 fr., on a poussé à 11.500 fr. Jésus au Jardin des Oliviers.
Emile Deschamps ^ allait donc à Delacroix, comme à Ingres, à Prudhon, à Géricault. L'originalité individuelle, en peinture, l'atti-