‹ Emile Deschamps, dilletanteChapitre 25 sur 62 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Jugement de Delacroix (Journal, tome III, p. 434) sur Antoni Deschamps : « J'ai dîne chez les Bcrtin, comme toujours avec plaisir ; j'y ai trouvé Antoni Deschamps ; c'est le seul homme avec lequel je parle musique avec plaisir, parce qu'il ain\e Cimarosa autant que moi, » Même enthousiasme pour Cimarosa chez Stendhal. Cf. lie de Rossini, passini.

l'harmonie. Cette division existe également dans l'art d'écrire, et surtout d'écrire en vers ^. »

« Avec de V indolence on ne comprendra jamais l'idéal d'aucun art, et on ne cherchera point à connaître Dante, Shakespeare ou Corneille, on ne sentira pas que Raphaël et Léopold Robert sont les deux plus vrais et plus poétiques révélateurs de la plus belle des natures, la nature italienne ; on citera indifféremment ou Mozart ou Musard (Mozart, le Shakespeare et le Raphaël de la musique !), on ne pleurera pas au trio de Guillaume Tell de Rossini. »

Les héros de ses contes sont parfois des virtuoses capables d'interpréter les maîtres. Ainsi les voyons-nous dans Mea Culpa chanter « le fameux duo : Aimons-nous, tout nous y com^ie », dans Armide, de Gluck ^. Voici comment le Roméo de cette singulière histoire écoute le <;hef-d'œuvre : « Lorsque se fit entendre cette magnifique et terrible phrase musicale : Votre général i^ous appelle, il se réveilla comme d'un songe divin. » Enfin ce sont « les suaves mélodies » de Pergolèse qui, dans le même conte, révèlent aux deux jeunes amants la force mystérieuse du sentiment qui les rapproche : « C'était une de ces tièdes soirées d'Italie où l'air est chargé de langueur et de volupté. Les Tayons de la lune glissant à travers les jalousies et les croisées entr'ouvertes, se disputaient avec la lumière des bougies dans les glaces, sur les grands sofas, sur les parquets brillants. L'œil étoile de Vénus plongeait dans la chambre et scintillait sur le front de Judith, comme un pur miroir, et les suaves mélodies de Pergolèse, soutenues par l'harmonie des accords, s'élevaient des clavecins sonores et des lèvres enflammées des deux virtuoses. Leurs genoux se touchaient, leurs mains s'entrelaçaient comme les touches blanches et noires ; les hrises nocturnes faisaient voltiger les cheveux de Judith sur le visage de Robert ; leurs haleines plus fraîches que les brises et leurs regards et leurs âmes se mêlaient comme leurs voix : l'amour et le chant se mêlaient l'un par l'autre ... »

Ainsi la musique est pour Deschamps ce qu'elle est pour Musset, la langue même de l'amour :

Langue que pour l'Amour inventa le génie, Qui nous vint d'Italie et qui lui vint des cieux, Douce langue du cœur, la seule où la pensée Cette vierge craintive, et d'une ombre offensée. Passe en gardant son voile...

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