‹ Emile Deschamps, dilletanteChapitre 28 sur 62 · Ihid., p · texte numérisé non relu

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musique forte et sévère ». Mais quand il en vient à l'analyse de ce qui le charme, il cite de préférence les mélodies. « La romance à deux mou vements, dit-il en connaisseur, est délicieuse de naïveté. Tous les salons de Paris en retentiront bientôt. Le chœur à boire qui suit offrait de grandes difficultés au compositeur. Le souvenir des chœurs du Comte Ory et de Robert étaient là comme deux fantômes effrayants». Mais écoutons cet amateur de la voix humaine au théâtre : il déclare, quand il étudie dans ce morceau « le chœur syllabique des hommes » réuni au « chant ténu des soprani » que « la beauté de ce contraste » est digne de soulever « une explosion d'enthousiasme ». — « L'acte vraiment musical, ajoute-t-il, est le second, parce que tout se passe dans une chambre modeste entre quelques personnages, et que rien ne fait diverger l'attention. La prière juive qui ouvre cet acte, la romance : // ^a ^enir, le duo : Lorsquà toi je me suis donnée, et surtout le trio final : Désespoir ! Anathfme ! où Nourrit et M^^^ Falcon se montrent si grands chanteurs et si grands tragédiens, feraient à eux seuls la gloire d'un maître. » S'il adresse une critique au second acte, elle consiste à noter quelques lacunes dans l'unisson des voix : « Deux voix de femmes et deux ténors s'y succèdent et s'y mêlent continuellement. » Il regrette l'absence de quelques voix de basse et de baryton, qui prive l'oreille exercée des dilettanti de cette sensation de variété dans la plénitude où elle a coutume de trouver son plaisir suprême.

Mais voici la merveille à la mode, le bel canto ^ enchanteur que Deschamps nous signale au troisième acte : « C'est, dit-il, un air à cadences, à roulades, espèce de concerto pour la voix que bien peu de cantatrices pourraient chanter comme M"^® Dorus-Gras ; c'est merveille que de l'entendre se jouer avec tant de grâce des traits les plus difficiles et des gammes chromatiques ascendantes et descendantes, dont cet air abonde. M"^^ Dorus-Gras s'est placée dans la Jui^e au premier rang des talents de vocalisation... comme elle avait pris sa place parmi nos premières chanteuses dramatiques, en créant avec tant de charme et d'expression le beau rôle d'Alice dans Robert. » S'il admire encore autre chose dans le fameux troisième acte, c'est le finale et le récitatif obligé, si puissamment rendu par Levasseur, et qu'il trouve « d'un effet extraordinaire » — « Cet excellent chanteur, ajoute-t-il, y développe toute la beauté de ses moyens et toutes les ressources de son art. » Enfin, quand il en vient au quatrième acte, « le morceau, dit-il, qui avec le grand trio partage les honneurs

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