‹ Emile Deschamps, dilletanteChapitre 4 sur 62 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

Airsi l'aimable homme goûtait également en musique Meyerbeer et Cimarosa, Schubert et Donizetti, Rossini et Berlioz. Il n'était pas le prisonnier de ses admirations, et ne comprenait guère qu'on fût exclusif en une telle matière. « L'exclusion, disait-il, est le fléau des arts. )) Et encore : « Il y a bon nombre de fanatiques du Conservatoire qui traitent fort cavalièrement l'opéra italien ; et en revanche bien des belles dames enthousiastes des virtuoses de la salle Favart, et qui s'ennuient bien franchement dans la salle de la rue Bergère. Pauvre humanité qui ne peut suffire à deux admirations ^. »

Mais Emile Deschamps ne s'est pas contenté du plaisir d'apprécier en musique des beautés plus diverses que celles que, des années avant lui, il est vrai, Stendhal avait goûtées, et de renchérir ainsi sur l'auteur de la Vie de Rossini ; il a, comme d'ailleurs le maître des dilettantes de tous les temps ^, conçu le dilettantisme dans son sens le plus étendu, et, dépassant la musique, il s'est intéressé à tous les arts. Les peintres et les sculpteurs romantiques n'eurent pas de plus fervent admirateur.

« En ce temps-là, disait Sainte-Beuve, la peinture et la poésie ♦ étaient sœurs. » Nous allons constater en effet que peintres et poètes comprenaient le sens de l'évolution réciproque de leur art. Deschamps, dès 1819, tout en rendant hommage à l'école de David, célébrait l'originalité exquise de Prud'hon et prenait la défense du réalisme puissant de Géricault. S'il nous fallait encore une preuve de son éclectisme, nous la trouverions dans le culte qu'il rendait à deux génies aussi différents qu'Ingres et Delacroix. Deux grands artistes, d'autre part, tinrent à honneur de reproduire la physionomie charmante d'Emile Deschamps : l'un exposa son portrait au Salon de 1841, c'est Champmartin, et l'autre modela son médaillon, c'est David d'Angers.

Fralernilé des arts ! union forUmée !

ce vers de Joseph Delorme ^ fut comme le mot d'ordre de la généra-

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