BOISTE
Je sois bossu. J« l'avoue sans. |aérÂi»hrâ»e; oopandant, les hommes en génésal coiisidèreiit une bosse comme une difinonilé, al^eadu que le pins grand nombre n'en « pas...Qfipendant, i^icore, je voi»
chacun tourmenté du désir de se distinguer de la multitude, et affecter le ridicule pour atteindre l'originalité. « Aux yeux de la nature, rien n'est ^ beau, rien n'est laid, tout est dans l'ordre. » Telle était l'opinion du Scythe Anacharsis.
Je n'entrerai pas dans les autres détails extérieurs de ma personne ; je laisse à ceux' de mes lecteurs qui ont de l'imagination le plaisir de me revêtir des formes qu'ils préfèrent. Je m'établis le Don Quichotte des illusions. Ceux dont l'esprit créateur n'irait pas jusque-là pourront facilement supposer une bosse à telle personne de leur connaissance qu'ils aimeront le plus, ou qu'ils admireront davantage.
J.-J. Rousseau, cet hoii^me qui copiait si habilement de la musique, a écrit dix volumes pour parler « du gouffre de misère où l'avait plongé la célébrité.» £h bien 1 moi, je la cherche !
Le fameux Montesquieu, président et baron, et qui certes n'eût pas refusé le titre de prince de la
Brede, prétendait « qu'ua grand nom est un poids »bîen pesant à soutenir.» Napoléon lai-même osa désirer le sort d'un berger, et cela, devant sa cour assemblée 1 Hors les gens de mauvaise foi, il n'y a^ dans le monde moral, que deux classes distinctes d'individus: les ingrats et les envieux. Je suis envieux. Cet areu surprendra parce que ce n'est rim moins qu'un démenti à tous nos faiseurs de pensées nouvelles, qui, je ne sais comment, se sont tous entendus pour répéter la même chose, entre autres que « l'envie est le seul défaut qu'on n'avoue N pas4 »
C'est que nous autres auteurs de maximes et de sentences, nous ne sommes pas payés, comme les médecins, pour rédiger à chaque malade une ordonnance, ou pour apporter, selon le sexe, l'âge, la complexion de l'individu, des modifications dans le traitement. Nous ne nous donnons pas même la peiQ0 d'avoir des idées neuves, nous pignons une pensée dans Montaigne, et nous l'arrangeons au
94S AtO. BASkwa.
^ût. Ab jour; teUe>opîiiiim de Lft ftrttyèie d»* yisùt celle d'un hX traoebaot' qui la subtilise; toile maaiiiae' de La; Eochefoiuîault. ou de Paseal est travestie par un petit maître aux paroles
dafées* Etranglez Montaigne dans un ool de Walker;
logea La Bochefinifiaulti dans un pantalon àla co^
saque ; babilles i^aaoal. en dandy ^ et oe travestis-
sèment vous donnera Tîdée de L'autre^
Le seeret pour avoir une idée, c'est de la piller (jpraique parti; le secret pour Texprimer, c'est de réunir les deux mots les plus incohérents de la Ingue; cela fait contraste, cela produit de l'effet: qu'imporste que ce soit le langage de la yéisté, si c'est le ton inintelligible de l'omcle !
Méeontenide moi^-méme et mécontent des autres, ainsi que Ton a. dépeinti Tenvieux, je pouirais demander pourquoi je fus mis au mondé? mass" cette question me conduirait à mille autres questions. Par eziemple, pourquoi suis-je bossu? Pourquoi, att
JkU'BASArRD* SI9
lieu de me nommer Montmorency, nesnis^je qi/un
LeeteiirBf éeo qaestkns senôent! déçiaoéeo, oar elles nous conduiraient peut-être à des.paraUèlest et je ne sais à l'avantage de qui seraient les oompanûBODs; certain sentiment iniérieiir nous insimie toiqouni que non» valons mieux que ceux qui non» entoiiit»Kt..» et si j'aiMe Torgneil, entre nous, leetetirs , vous* avei Uen quelque peu de vanité 1 Quel homme n'en a pas I On croit peutêtre que ces deux mots : Orgueil et vanité, sont synonymes, on peut n'avoir pa& lu les oeuvres de M, Tabbé de Lamennais , et ignora qull a dit : « Peu d'hommes s'élèvent jusqu!à l'orgueil, la plu- » part croupissent dans la vanités »-
£n vain je me tâte pour me trouver quelques défauts ; serais-je parfait, selon Tusage «des héros de romans I non, mais depuis qu'on a si bien défini les défauts, depuis qu'on les a si bien travestis, il n'est pas plus facile de décider si, depuis bier.
9iO AU^ BA8AR0.
td vice n'est pas devenu une Terta, que de faire avoner à on baron datant de l'antique monarchie ou à un duc créé sous l'empire, lequel des deux se croit le moins noble.
Hais, comme il est pins désagréable de faire im-. primer du mal de soi qu'il n'est embarrassant de dire du bien de sa personne, je laisse aux lecteurs le soin de me juger ^ela ne leur coûtera pas grand'peine ; je sais comment l'on juge : on décide, on ne retourne pas un homme comme une étoffe pour voir s'il est effectivement à l'endroit ou à Tenyers; selon l'intérêt ou la passion qui nous meut, nous disons : C'est un homme à V endroit ^ c'est un homme à r envers; si nous sommes indifférents, nous disons avec dédain : C'est un homme nul.
kV HASARD. iH