A MES LECTEURS
II vaut mieux être assis que de marcher.
TOVNO.
Asseyez-vous maïs surtout ne prenez pas de
cliames.; sur ce sî^ on a trop Tair d'être mis à la torture. Xaiasez encore à ces êtres embarrassés jd'^u^mèmas ces divans et ces .canapés sur lesquels lecorpa sefatigue mollement. Je vous plains, jBi^fuelque^rrière-grand-père.ne vous a pas li^é unde ces.fauteuils dcmt.le dossier s'élève à. la Iukiteur.des oxailles nn^cacessant doucement des joues,
<» «i^unieoniiaîssnit'le pcix de œ meuble ipatnmoi* mal, vous l'avez échangé contre quelques fugitives piècoB de imételriLlors^ réfiigiez-^oiu «ur le moelleux côuamn ;dlune ianlique iieiigère; «là , - seidemeat le corps oonserve un doux.éqpiilibre; de là, seule* ment, d'imagiaaèon .prend ^aon esaor à son aise... Hais si vous n'avez jamais réiDéchi à l'importance que l'on doit mettre au nsfaok 'de tel ou tel siège, vous n'êtes ipas 'digne de 'm^entendie, 'laissez-^moi I Allez assister humblement aux repas 'de nos vo»,
allez vous disputer Thonneur d'un pliant, la fête
haute, allez vous momffîer sur les banquettes d'une
antichambre ministérielle, allez dans les sdouB
en vogue oonvoiterime ohaiae, qui peut-èlreiievous
y sera point offerte^, je resterai seul dans mon fan-
teail,'C'est leMne.qui m'élèye.à l'égal desigiranda,
etc'isstà luitqueje.doîs la (conservation de monJ»»
dépendance. Au retour, il me console lorsque l'icn^
tant spectacle du luxe et des honneurs .a.irnté mon
cstractëre envieux; de riante aouvenirs viannent
2t8 AU HASARD.
m'égayer, d'enivrantes espérances viennmt m'enivrer.
Ce n'estt pour me servir de l'expresstem de H. de Maisire, que lorsque la bête est bien assise qae Y âme peut atteindre aux plus fautes régions de la pensée, ou explorer le vaste pays des illusions.
Le soir, une main appuyée sur le bras de, mon fauteuil^ si je me souviens du ton protecteur d'an supérieur du matin, il m'échappe un sourire de dédain ; je suis vengé I
Si une femme a attiré mes regards, si elle a affilé mes désirs , c'est de ma bergère que je berce son imagé, je suis heureux ! Les pieds sur mes chenets, j'attends un sort moins terne en échafaudant projets sur projets. Douces sont les illusions, doux est le plaisir d'enrichir ce que l'on aime, doux est le bonheur de jouir à Taise des bienfaits de l'indépendance, douce est la possession de quarante mille livres de rente, mais doux aussi sont les rêves et les projets d'une brillante imagination I
JLfi HASARD. 9B9
SOLILOQUE :ij
Chacun songe en veillant, il n*est
rien de plus doux, Une flatteuse erreur lors emporte nos ftmes,
La Fontairb.
«II me faut une compagne, car le bonheur veut » deux êtres, n
^ Elle se nommeta Clothilde, je raimerai; elle possédera toutes les qualités du cœur, tous les agréments de l'esprit : il me semble que je la vois; elle a une taille svelte, elle est gracieuse comme la fleur qui se balance sur sa tige ; son regard est tendre comme le sentiment qu'elle m'inspire; sa bouche a cette expression voluptueuse et contenue de la candeur et de Pamour. A, la délicatesse d'une âme élevée, Clothilde joint le tact d'un esprit juste, et à la réserve de la modestie, ce sentiment de toutes
S8I . ' JUJ
les conyenancesi vernis d*une éducation parfaite, qui ajoute aux qualités en les faisant briller.
Clothilde n*est pas coquette; elle n'a pas Tartde plaire, elle en a le don; elle n'en a pas le talent, elle en a le génie. Elle n'est pas la Beauté, elle est la Orftce; elle li'est .pas l'Esprit, elle est la Bonté. Ses actions révèlent toute la naïveté de son âme, et sa toilette toute la simplicité de ses goûts.
Une robe unie^ Avec .une pèlerine de egaze et des manches larges font valoir sa taille, dâsainée ^par une jolie «ceinture. le'vdisison'pied cbacmantfui iiemble à ^pekie effleurer la terre; je «eus samaîa fléUfiate s*appuyer flur moni)ra8. Lecteurs, .quijdez de ces vdétails .minutieux, vous-mêmes un jour vous ^prendrez que, lorsqu'il s!agit d'samour,< aucun détail Ji'^twperflu.iCe sentiment. lutte Gontrci^us les «ointades, imais.il cède .à>lA crainte d^un.seul radicale; il trésifite aux plus, grands maliiauirs, mais il tueràiî^^poiiil; i vune rmésaveature ; 4a couleur oa
la feime d'une cohe^uffiseot âouAieat jtour Je iaôie