LE MONDE, LA LUNE ET LES ETOILES
En fait de systèmes, il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de Ja veille.
. BUONAPIKTI.
Le monde esr un kal^oscope mis en mouvement par une volonté suprême, selon les conjectures des uns, ou par les seules lois de la nature, selon Topinion des autres.
Ainsi, les êtres vivants sont, à Tégard de la vaste machine irommée univers, ce que les parcelles de verre sont relativement à cet instrument qui fut à ia mode et qui eât maintenant oublié, ainsi qu'il arrive à toute chose. Chaque place est assignée par le hasard* et nous disparaissons successivement Ue Ja surface que nous occupions pour être immédiate*
ment remplacés dans on ordre différent et imprévu.
Ces variations, produites par le frottement, en d'antres termes, la vie; ces variations, auxquelles nous concourons tous indirectement, sont infinies ; elles sont infinies parce qu'dlës sont dues au hasard, et c'est au hasard encore qu'il faut sans doute attribuer oetcordre social qui nous régit et qui n'est rien moins que l'inverse de l'ordre qui semble être prescrit par la nature.
L& lecteur ne compr^Mteafrien san» doole à ceci ; je seraifr fort embarrassé d& me conoeiToir moî^ même ; oqpendaott personne ne niera .quQ:oe soit ud système. Je l'improvisai hier dans^ une prom;aiade auxv Champs-Elysées : c'était mon jour de n^ditation; j'étais assis prè&dlun^arbre^.eipQurnepas voir tous cea. brillants équipages:»qiii; passaient ^ repassaôentt comme pour bumîlîer mim obscurité^ je m'étais retourné, et; selon Testpression proverbiale, je bâillais anx corneilles, lorsque l'imiom* brable quantité d^éttnles qui perçaient razxor'fdtt
m\ apurèrent meffingaorii^ etfmeifimt léiéohir ^ prafeadément^ qa'ew sortant aa*bmt d'hoe hrare^ de celle stupeup^mntemplatiTe^ je se pemais plus à
rien.
J'examinai de nouveau œs (^pa* célestes», ou planëtasy selon qu'on voudra les appeler, et partant de ce point que la lune est habitée, je conclus qu'il existe autant d'étoiles qu'il y a dans la vie de sorts différents, et que nous sommes destinés à parcourir sudcessivement tous ces mondes jusqu'à ce que nous ayons tous également rempli les mêmes rôles.
Ainsi que Murât, qui, dans sa jeunesse, par pressentiment de son élévation future, élevait sans cesse les regards vers les étoiles, je me voyais déjà roi absolu. dans uncéloile. tomhwQite, usurpateur dans une otoile^flao^oyante ; il me semblait que j'avais surpris le secret de la nature; j'étais dans une telle agitation, qu^en redescendant sur la terre,- je me vis entouré d'une foule ria^gée en oercle^ qui me regardait avee ounosité et me prenait sanr doute pour
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UB conteur de bonne arentiire au moment de l'exorde; j'allais me croire au portique, lorsque j'entendis sur ma taille des plaisanteries qui ne me permirent pas de m'abuser plus longtemps. Je m'éloignai à la hâte,
Jarftnt» mais un pea tard, qu'on ne m*y prendrait plus.