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LA VANITE

La vanité est l'épiderme de Fesprit; une louange le. chatouille, la plus légère humiliation l'écorche.

^»cwU de pena^eâ.

Demandez à un moraliste ce que c'est quQ la vanité ; il tous répondra avec la présomption de Tignorance : C'est un défaut* Au besoin il prouverait, par sentences, maximes, réflexions, en s'appuyaot de Tautorité de Vauvenargues, que « l'envie d'oc- » cuper les autres de soi rend sot, dur et méchant. »

La vanité, selon moi, est la base fondamentale de toute société, la mère du besoin, le lien de tous les hommes entre eux; elle a sa source dans Tamour-

AU HJUIÀItD« 991

propre, comjaae l'amitié a sa naissaoce dans le dé- Youement. Depuis le souverain jusqu'à, l'artisan^ nous ne sommes tous que des marionnettes : la vanité est le fil qui nous fait agir I C'est le grand ressort de l'uqivers moral; s'il se brisait, qu^arriveraitil? nous retournerions aux champs, et le règne de la vanité ferait place à l!empire de la force.

Conclusion et morale : les défauts et les qualités des hommes, les institutions et les préjugés des gouvernements sont, relativement à l'organisation sociale, ce que la pluie et le beau temps, le froid et le chaud sont à Tégard de l'ordre de la nature.

Ce que je viens de dire, chacun à part soi l'avait d^à pensé. On ne peut donc plus être original I Aht que ne suis-je né dans ce bon temps de la féodalité. Monsieur Azaïs, le livre des Compensations à la main, me déclare qu'en retour on m'eût brûlé vif.

Alors il vaut mieux se perdre dans la foule des esprits vulgaires ou dans le nombre des auteurs inconnus ; il reste encore la ressource de calomnier

dans l'ombre la célébrité que Ton ponrsnit sans pouvoir l'atteindre.

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