ADIEUX AUX LECTEURS
Tout le monde doit savoir que l'auteur qui vient de terminer un ouvrage, et que Tamoureux qui va 86 marier, ne consultent pas pour avoir un avis.
fieciMii de pùn$é$8.
Uy a, le jour d*iiii mariage, deux sortes de détails; la Tanité dicte voloutiers les uns ;> le bonheur est pluft discret, il cache les autres.
Je ne soumettrai point la patience de mes lecteurs à répreuve du récit fastidieux d'une cérémonie sans faste ; car il faudrait leur dire qu'en redescendant les marches de l'église les assistants se près-
saient autoar de nous et s'écriaient : « La mariée est charmante, mais regardez donc son mari ; on voit bien tout de suite que c'est un mariage de conTenance ; » et d'autres propos plus ou moins impertinents , que Sophie cherchait vainement à me dérober en attirant mon attention sur divers objets.
J'ai moins envie encore d'initier mes lecteurs aux secrets de la chambre nuptiale... Lecteurs, vous m'importunez; quel moyen de rompre proûiptement avec cette espèce de confidents qui exige qa^on l'amuse à tout prix et préfère le scandale à l'ennui? Quel moyen de terminer ce volume inisipide? Je cours chez mon notaire chercher une expédition es bonnes formes de mon contrat de mariage, que je ferai insérer tout au long en manière de conclusion. Voyez l'elSet des pièces en règle, comme cela achève d'une manière très-piquante les amours de Très-H. et T. P. dame Nathalie d*01onne, duchesse de Nevers, avec un mince avocat; et les drôleries de
Monsieur le comte Olivier de R*** avec... personne !
Lecteurs, je vous le certifie, c'est la conclusion la plus à la mode ; il n'y en a ni de plus noble ni de meilleur goût pour brusquer un dénouaient difficile à trouver.
(Année 1828.)
Fiîr
i'arli. — Imprimerie A. Wittirshiih, 8, rue Montmoreocy.