LIVRE V
's fxcoplijns |>our réponse à des lois générales aussi bien fon-
i>s? Les femmes, diles-vous, ne font })as toujours des enfants?
.!i; mais leur destination propre est d'en faire. Quoi! parce
l'il y a dans l'univers une centaine de grandes villes où les fem-
.'S, vivant dans la licence, font peu d'enfants, vous prétendez
:iie l'étal des femmes est d'en faire peu! Et que deviendraient
\ os villes , si les campagnes éloignées , où les femmes vivent plus
-impleraentet plus chastement, ne réparaient la stérilité des da-
irs? Dans combien de provinces les femmes qui n'ont fait que
litre ou cinq enfants passent pour peu fécondes* ! Enfui, que
le ou telle femme fasse peu d'enfants, qu'importe? L'étal de
femme est-il moins d'être mère? et n'est-ce pas par des lois gé-
ralfs que la nature et les moeurs doivent pourvoir à cet état?
Quand il y aurait entre les grossesses d'aussi longs intervalle»
l'on le suppose , une femme changera-t-ellc ainsi brus<}uemeiit
• alternativement de manière de vivre sans péril et sans risif ? Sera-t-elle aujourd'hui nourrice et demain guerrière? Chanra-t-ellc de tempérament et de goûts comme un caméléon de iileurs? Passera-t-elle tout à coup de l'ombre de la clôture et des ms domestiques aux injures de Tair, aux travaux, aux fatigues,
•IX périls de la guerre? Sera-t-elle tantôt craintive* et tantôt
ive , tantôt délicate et tantôt robuste? Si les jeunes gens élevés iiis Paris ont peine à supporter le métier des armes, des ferais qui n'ont jamais affronté le soleil, et qui sivenl à peiue ircher, le supporteront-elles après cinquante ans de mollesse? ; ondront-elles ce dur métier à l'âge où les hommes le quittent ? Il V a des pays où les femmes accouchent presque sans peine . ' nourrissent leurs enfants presque sans nttin ; j'en conviens : lis, dans ces ménies pays, les hommes vont demi-nus en tout inps, terrassent "tes Ik'Ics féroces, portent un canot comme un i\resac, font des chasses de sept ou huit cents lieues, dorment Tair à plate terre, supportent des falifiues incroyables, et pa»-
• lit plusieurs jours s.ins manger. Quand les femmes deviennent
' Sin* ty^n I'p^tc 1»'p^rai» n^icesMiretnent •- ponr qu'elle K oonwnre ,
" |im; ffiiiinc f.iss»; à |icu pr.'s quatre cn-
' il en tiK-iirt pn-silr la moitié avant qu'il»
, : .. a faut deux iPslanls pour rci>réacnter le
' re Cl b ni rr. Vi»yci si les villes tou* f<Kinitroiit celle pO|Milalion-ià. - La tiniitlilé des feiiiine» est encore un instinct «le la nature cootrs >«■ >'Ul>li< rw>|ue qn'cUc» courent durant leur sroiaeae.
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robustes, les hommes le deviennent encore plus ; quand les hommes s'amollissent , les femmes s'amollissent davantage ; quand les deux termes changent également, la différence reste la même.
Platon , dans sa République , donne aux femmes les mêmes exercices qu'aux hommes ; je le crois bien. Ayant ôté de son gouvernement les familles particulières , et ne sachant plus que faire des femmes , il se vit forcé de les faire hommes. Ce beau génie avait tout combiné, tout prévu : il allait au-devant d'une objection que personne peut-être n'eût songe à lui faire ; mais il a mal résolu celle qu'on lui fait. Je ne parle point de cette prétendue communauté de femmes , dont le reproche tant répété prouve que ceux qui le lui font ne l'ont jamais lu ; je parle de cette promiscuité civile qui confond partout les deux sexes dans les mêmes emplois , dans les mêmes travaux , et ne peut manquer d'engendrer les plus intolérables abus ; je parle de cette sub- /ersion des plus doux sentiments de la nature , immolés à un sentiment artificiel qui ne peut subsister que par eux : comme s'il ne fallait pas une prise naturelle pour former des liens de convention ! comme si l'amour qu'on a pour ses proches n'étaii oas le principe de celui qu'on doit à l'Etat ! comme si ce n'était pas par la petite patrie, qui est la famille, que le cœur s'attache à la grande! comme si ce n'était pas le boa fils, le bon mari, ic bon père, qui font le bon citoyen.
Dès qu'une fois il est démontré que l'homme et la femme ne sont ni ne doivent être constitués de même , de caractère ni de tempérament, il s'ensuit qu'ils ne doivent pas avoir la même éducation. En suivant les directions de la nature , ils doivent agir de concert, mais ils ne doivent pas faire les mêmes choses; la fin dea travaux est commune, mais les travaux sont différents, cl par conséquent les goûts qui les dirigent. Après avoir lâché de former l'homme naturel , pour ne pas laisser imparfait notre ouvrage , voyons comment doit se former aussi la femme qui convient à cet homme.
Voulez-vous toujours être bien guidé , suivez toujours les indications de la nature. Tout ce qui caractérise le sexe doit être respecté comme établi par elle. Vous dites sans cesse : Les femmes ont tel ou tel défaut que nous n'avons pas. Votre orgueil vous trompe; co seraient des défauts pour vous , ce sont des qualités pour elles; tout irait moins bien si elles ne les avaient pas. Empêchez