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géant pas tous les jours, elles en sont moins occupées que celles qui ne savent à quoi se fixer. Le vrai soin de la parure demande peu de toilette. Les jeunes demoiselles ont rarement des toilettes d'appareil ; le travail , les leçons , remplissent leur journée : cependant en général elles sont mises , au rouge près , avec autant de soin que les dames , et souvent de meilleur goût. L'abus de la toilette n'est pas ce qu'on pense, il vient bien plus d'ennui que de vanité. Une femme qui passe six heures à sa toilette n'ignore point qu'elle n'en sort pas mieux mise que celle qui n'y passe qu'une demi-heure ; mais c'est autant de pris sur l'assommante longueur du temps, et il vaut mieux s'amuser de soi que de s'ennuyer de tout. Sans la toilette , que ferait-on de la vie depuis midi jusqu'à neuf heures ? En rassemblant des femmes autour de soi, on s'amuse à les impatienter , c'est déjà quelque chose ; on évite les téte-à-téte avec un mari qu'on ne voit qu'à cette heure-là, c'est beaucoup plus : et puis viennent les marchandes , les brocanteurs , les petits messieurs, les petits: auteurs , les vers, les chansons, les brochures : sans la toilette, on ne réunirait jamais si bien tout cela. La seul profit réel qui tienne à la chose est le prétexte de s'étaler un peu plus que quand on est velue ; mais ce profit n'est peut-être pas si grand qu'on pense , et les femmes à toilette n'y gagnent pas tant qu'elles diraient bien. Donnez sans scrupule une éducation de femme aux femmes; faites qu'elles aiment les soins de leur sexe , qu'elles aient de la modestie , qu'elles sachent voilier à leur ménage et s'occuper dans leur maison ; la grande toilette tomberad'elle-méme, etelles n'en seront misesque de meilleur goùl. La première chose que remarquent en grandissant les jeunes personnes , c'est que tous ces agréments étrangers ne leur suffisent pas , si elles n'en ont qui soient à elles. On ne peut jamais S6 donner la beauté, et l'on n'est pas sitôt en état d'acquérir la coquetterie ; mais on peut déjà chercher à donner un tour agréable à ses gestes , un accent flatteur à sa voix , à composer son maintien , à marcher avec légèreté , à prendre des attitudes gracieuses, et à choisir partout» ses avantages. La voix s'étend , s'affermit , et prend du timbre ; les bras se développent , la marche s'assure ; et l'on s'aperçoit que, de quelque manière qu'on soit mise, il y a un art de se faire regarder. Dès lors il ne s'agit plus seulenient U aiguille et d'industrie; de nouveaux talents se présentent , et font déjà sentir leur utilité.