LIVRE V
il de ressources pour s'en passer? Mais on a besoio d'un mari ir couvrir ces ressources '. La modestie est sur leur visage, le libertinage au fond de leur cœur : celte feinte modestie elleme en est un signe , elles ne l'affectent que pour pouvoir s'en l'.irrasser plus tôt. Femmes de Paris et de Londres, pardon-, z-le-moi, je vous supplie. Nul séjour n'esclut les miracles; is pour moi je n'en connais point ; et si une seule d'entre 13 a l'àme vraiment honnête, je n'entends rien à nos instilu- ■ iis.
Toutes ces éducations diverses livrent également de jeunes
1» rsonnes au goût des plaisirs du grand monde , et aux passions
•jiii naissent bientôt de ce goût. Dans les grandes villes la dcpra-
t.ion commence avec la vie , et dans les petites elle commence
c la raison. De jeunes provinciales , instruites à mépriser l'heu-
ise simplicité de leurs mœur^, s'empressent à venir à Paris
rtager la corruption des nôtres ; les vices, ornés du beau nom
talents , sont l'unique objet de leur voyage ; et , honteuses en
rivant de se trouver si loin de la noble licence des femmes du
\ s , elles ne tardent pas à mériter d'être aussi de la capitale. Où
uimence le mal , à votre avis ? dans les lieux où l'on le projette,
I dans ceux où l'on l'accomplit ?
Je ne veux pas que de la province une mère sensée amène sa
ie à Paris pour lui montrer ces tableaux si pernicieux pour
mires ; mais je dis que quand cela serait , ou celle tille est mal
véc , ou ces tableaux seront peu dangereux pour elle. Avec du
• ùl, du sens , el l'amour des choses honnêtes , on ne les trouve
s si attrayants qu'ils le sont pour ceux qui s'en laissent charmer.
:i remarque à Pa is les jeunes écervelées qui viennent se hâter
prendre le ton du pays , et se mettre à la mode six mois durant
lu- se faire siffler le reste de leur vie : mais qui est-ce qui re-
celles qui , rebutées de tout ce fracas, s'en retournent
ir province , contentes de leur sort , après l'avoir comparé
lu'cnvienl les autres? Combien j'ai \u de jeunes femmes
N dans la capitale par des nuiris complaisants et maîtres de
y fixer , les eo détourner elle-mémes , repartir plus volontiers
La voit? de l'homme (Lin« m jeunesse ct^it une des quatre choses que le .-o ne (MHivait cnni|>ren(Irc ; h cinquiiHne était l'impudence de la fcniim' tiiltL-rr>. Qute annedil , el lergems otêuumdicit : ISoH êum operaUi tua- . n. Vt'>\.. \h , 20,
qu'elles n'étaient venues, et dire avec attendrissement , la veille de leur départ : Ah ! retournons dans notre chaumière , on y vit plus heureux que dans les palais d'ici ! On ne sait pas combien il reste encore de bonnes gens qui n'ont point fléchi le genou devant l'idole , et qui méprisent son culte insensé. Il n'y a de bruyantes que les folles ; les femmes sages ne font point de sensation.
Que si, malgré la corruption générale, malgré les préjugés universels , malgré la mauvaise éducation des filles , plusieurs gardent encore un jugement à l'épreuve, que sera-ce quand re jugement aura été nourri par des instructions convenables, ou, pour mieux dire , quand on ne l'aura point altéré par des instructions vicieuses ? car tout consiste toujours à conserver ou rétablir les sentiments naturels. Il ne s'.igit point pour cela d'ennuyer de jeunes filles de vos longs prônes, ni de leur débiter vos sèches moralités. Les moralités pour les deux sexes sont la mort de toute bonne éducation. De tristes leçons ne sont bonnes qu'à faire prendre en haine et ceux qui les donnent et tout ce (|u'ils disent. Il ne s'agit point en i)arlant à de jeunes personnes de leur faire jienr lie leurs devoirs , ni d'aggraver le joug qui leur est imposé par la nature. En leur exposant ces devoirs soyez précise et facile ; ne leur laissez pas croire qu'on est chagrine (|uand on les remplit ; point d'air fâché , point de morgue. Tout ce qui doit passer au cœur doit en sortir ; leur catéchisme de morale doit être aussi court et aussi clair que leur catéchisme de religion, mais il ne doit pas être aussi grave. Montrez-leur dans les mêmes devoirs U\ source de leurs plaisirs et le fondement de leurs droits. Est-il si pénible d'aimer pour être aimée , de se rendre aimable pour èh-e heureuse , de se rendre estimable pour être obéie , de s'honorer pour se faire honorer ? Que ces droits sont beaux 1 (ju'ils sont respectables! qu'ils sont chers au cœur de l'homme quand la femme saitk's faire valoir! Il ne faut point attendre les ans nilavicillesse pour en jouir. Son empire eommenr* avec ses vertus ; à peine ses attraits se développent, qu'elle règne déjà par la douceur de son caractère, et rend sa modestie imposante. Quel homme insensible et barbare n'adoucit pas sa lierté et ne prend pas des manières plus allenlives près d'une lllle de seize ans , aimable et sage, qui parle pou , (|ui écoule , (|ui met de la décence dans son maintien cl de riioiméteté dans ses propos , à (|ui sa beauté ne fail ou-