LIVRE V
■Il (le moi. Cependant l'orgueilleuse l'observe en dessous , et irit en secret de la fierté de son esclave. Albane et Raphaël , prêtez-moi le pinceau de la volupté! Divin Iton, apprends à ma plume grossière à décrire les plaisirs de l'anur et de l'innocence ! Mais non, cachez vos arts mensongers dent la sainte vérité de la nature. Ayez seulement des cœurs senties, des âmes honnêtes; puis laissez errer votre imagination is contrainte su r les transports de deux jeunes amants qui, is les yeux de leurs parents et de leurs guides, se livrent sans lublc àladouce illusion qui les flatte, et, dans l'ivresse des désirs, \ ançant lentement vers le terme , entrelacent de ileurs et de irlandes l'heureux lien qui doit le» unir jusqu'au tombeau. ut dimages charmantes m'enivrent moi-même ; je les rassemble isorilre et sans suite; le délire qu'elles me causent m'empéchc les lier. Oh ! qui esl-ce qui a un cœur, et qui ne saura pas faire lui-même le tableau délicieux des situations diverses du père, la mère , de la fille, du gouverneur, de l'élève , et du concours
> uns et des autres à l'union du plus charmant couple dont I a- 'i)rel la vertu puissent faire le bonheur.'
I :'est à présent que , devenu véritablement empressé de plaire, iiile commence à sentir !e prix des talents agréables qu'il s'est unes. Sophie aime à chanter, il chante avec elle; il fait plus, il lui apprend la musique. Elle est vive et légère, elle aimeà sauter, ' I «lanse avec elle ; il change ses sauts en pas, il la perfectionne. Ces ons sont charmantes, la gnieté folâtre les anime , elle adoucit timide resi»ect de l'amour : il est permis à un amant de donner
> leçons avec volupté ; il est permis d'être le maître de sa mai-