LIVRE I. 5t
Ijernicieax î Rien de tout cela. Point de grelots , point de hocheb ; de petites branches d'arbre avec leurs fruits et leurs feuilles , une tête de pavot dans laquelle on entend sonner les graines, un bâton ■'" réglisse qu'il peut sucer et mâcher , l'amuseront autant que ces
unifiques colifichets, et n'auront pas l'inconvénient de l'accou- [ limer au luxe des sa naissance.
Il a été reconnu que la bouillie n'est pas une nourriture fort saine, I,e lait cuit et de la farine crue font beaucoup de saburre , et conviennent mal à notre estomac. Dans la bouillie la farine est moins ruile que dans le pain , et de plus elle n'a pas fermenté ; la panade , la crème de riz, me paraissent préférable». Si l'on veut absoluuïent faire de la bouillie, il convient de griller un peu la farine au- |>aravant. On fait dans mon pays, de la farine ainsi torréfiée , une soupe fort agréable et fort saine. Le bouillon de viande et le potage sont encore un médiocre aliment , dont il ne faut user que le moins qu'il est possible. Il importe que les enfants s'accoutument d'abord à mâcher; c'est le vrai moyen de faciliter l'éruption des dents : et quand ils commencent d'avaler , les sucs salivaires mêlés avec les aliments en facilitent la digestion.
Je leur ferais donc mâcher d'abord des fruits secs, des croûtes. Je leur ilonnerais pour jouet de petits bâtons de pain dur ou de biscuit semblable au pain de Piémont , qu'on appelle dans le pays desgrissM. A force de ramollir ce pain dans leur bouche , ils en avaleraient enfin quelque peu : leurs dents se trouveraient sorties, et ils se trouveraient sevrés presque avant qu'on s'en fut aperçu. Les paysans ont pour l'ordinaire l'estooiac fort bon , et l'on ne les sèvrc pas avec plus de façon que cela.
Les enfanta entendent parler des leur naissance ; on leur parle non-seulement avant qu'ils comprennent ce qu'on leur dit, mais ivant cpi'ils puissent rendre les voix qu'ils entendent. Leur organe encore engourdi ne se prèle que peu à peu aux imitations des sons qu'on leur dicte , et il n'est pas même assuré que ces sons se portent d'al>ord à leur oreille aussi distinctement qu'à la nôtre. Je mdésapprouve pas que la nourrice amuse l'enfant par des chants et par des accents très-gais et très-variés ; mais je désapprouve quelle l'étourdisse incessamment d'une multitude de paroles inutiles, auxquelles il ne comprend rien que le ton qu'elle y met. Je voudrais que les premières articulations qu'on lui fait entendre fussent rares , faciles , distinctes , souvent répétées , et que les mots qu'elles ex-