LIVRE III
i;ievc dans l'esprit de nos maximes, accoutumé à tirer tous
- instnimenfs de lui-même , et à ne recourir jamais à autrui ipros avoir reconnu son insuffisance , à chaque nouvel objet
. il voit il l'examine longtemps sans rien dire. 11 est pensif, et ! questionneur. Contentez-vous donc de lui présenter à propos
- objets; puis, quand vous verrez sa curiosité suflisamment iipce, faites-lui quelque question laconique qui le mette sur
\ oie de la résoudre.
Dans cette occasion , après avoir bien contemplé avec iui le soiiil levant , après lui avoir fait remarquer du même côté les monl.uncs et les autres objets voisins , après l'avoir laissé causer làdessus tout à son aise, gardez quelques moments le silence comme un homme qui rêve, et puis vous lui direz: Je songe qu'hier soir le soleil s'est couché là , et qu'il s'est levé là ce matin, nment cela peul-il se faire? N'ajoutez rien de plus : s'il vojs t des questions, n'y répondez point; parlez d'autre chose. >sez-le à lui-même , et soyez sûr qu'il y pensera. l'our qu'un enfant s'acroutume à être attentif , et qu'il soit bien 'que vérité sensible, il faut qu'elle lui donne quelques Inde avant de la découvrir. S'il ne conçoit pas assez >-cJ de cette manière , il y a moyen de la lui rendre plus seule encore , et ce moyeu c'est de retourner la question. S'il ne f pas comment le soleil parvient de son coucher à son lever , il -lit au moins comment il parvient de son lèvera son coucher; -'S veux seuls le lui apprennent. Éclaircissez donc la première M par l'autre : ou votre élève est absolument stupide, ou* ; • est trop claire pour lui pouvoir échapper. Voilà sa preiiicre ji'çon de cosmographie, f'.omme nous procédons toujours lentement d'idée sensible en •> sensible, que nous nous familiarisons longtemps avec la me avant de passer à une autre, et qu'enfin nous ne forçons nais notre élève d'être attentif, il y a loin de cette première 'inàlaconn:tis.sanceducoursdusolcilctdc la Figure de la terre: lis comme tous les mouvements ap|)arents des corps célestes ' lu même principe , et que la première observation mène - les autres , il faut moins d't-ffort , quoiqu'il faille plus de H»à , jKHjr arriver d'une révolution diurne au calcul des éclipses, : ■ pour bien comprendre le jour et la nuit. Puisque le soleil tourne autour du monde , il décrit un cercle ,
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et tout cercle doit avoir un centre ; nous savons di-jà cela. C« centre ne saurait se voir , car il est au cœur de la terre ; mais on peut sur la surface marquer deux points opposés qui lui correspondent. Une broche passant par les trois points , et prolongée jusqu'au ciel de part et d'autre , sera l'axe du monde et du mouvement journalier du soleil. Un toton rond tournant sur sa pointe représente le ciel tournant sur son axe , les deux pointes du toton sont les deux pôles : l'enfant sera fort aise d'en connaître un ; je le lui montre à la queue de la petite Ourse. Voilà de l'amusement pour la nuit ; peu à peu l'on se familiarise avec les étoiles , et de là naît le premier goût de connaître les planètes et d'observer les constellations.
Nous avons vu lever le soleil à la Saint- Jean ; nous Talions voir aussi lever à Noël , ou quelque autre beau jour d'hiver ; car on sait que nous ne sommes pas paresseux , et que nous nous faisons un jeu de braver le froid. J'ai soin de faire cette seconde observation dans le même lieu où nous avons fait la première ; et , moyennant quelque adresse pour préparer la remarque , l'un ou l'autre ne manquera pas de s'écrier : Oh , oh ! voilà qui est plaisant ! le soleil ne se lève plus à la même place ! ici sont nosancieus renseignements , et à présent il s'est levé là , etc. Il y a donc un
orient d'été, et un orient d'hiver, etc Jeune maître, vous
voilà sur la voie. Ces exemples vous doivent suffire pour enseigner très-clairement la sphère, en prenant le monde pour le monde , et le soleil pour le soleil.
'■> En général , ne substituez jamais le signe à la chose que quand il vous est impossible de la montrer ; car le signe absorbe l'attention de l'enfant, et lui fait oublier la chose représentée.
La sphère armillaire me parait une machine mal composée , et exécutée dans de mauvaises proportions. Cette confusion de cercles, et les bizarres figures qu'on y marque , lui donnent un air de grimoire qui effarouche l'esprit des enfants. La terre est trop petite , les cercles sont trop grands , trop nombreux ; quelques-uns, comme les colures, sont parfaitement inutiles; chaque cercJe est plus large que la terre ; l'épaisseur du carton leur donne un air de solidité qui les fait prendre pour des masses circulaires réellement existantes ; et quand vous dites à l'enfant que ces cercles sont imaginaires, il ne sait ce qu"il voit, il tronliMid plus rien,