LIVRE II
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proche lin mouvement de joie que je lui vois partager. C’est son ami, son camarade, c’est le compagnon de ses jeux qu’il aborde ; il est Lien sûr, en me voyant, qu’il ne restera pas long-temps sans amusement ; nous ne dépendons jamais l’un de l’autre , mais nous nous accordons toujours; et nous ne sommes avec personne aussi bien qu’ensemble.
Sa figure, son port, sa contenance, annoncent l’assurance et le contentement, la santé brille sur son visage; ses pas affermis lui donnent un air de vigueur; son teint, délicat encore sans être fade , n’a rien d’une mollesse efféminée ; l’air et le soleil y ont déjà mis l’empreinte honorable de son sexe; ses muscles, encore arrondis, commencent à marquer quelque traits d’une physionomie naissante ; ses yeux que le feu du sentiment n’anime point encore , ont au moins toute leur sérénité native 1 ; de longs chagrins ne les ont point obscurcis , des pleurs sans fin n’ont point sillonné ses joues. Voyez dans ses mouvements prompts , mais sûrs , la vivacité de son âge, la fermeté de l’indépendance, l’expérience des exercices multipliés. Il a l’air ouvert et libre, mais non pas insolent ni vain:
1 Natia. J'emploie cc mot dans une acception italienne , faute de lui trouver un synonyme en françois. Si j’ai tort , peu mporle , pourvu qu’on m’entende. ( Rousseau l’emploie encore dans le même sens ci-après , au Liv. IV. Une honte native, un caractère timide , etc. )