LIVRE TROISIÈME
Quoique jusqu’à l’adolescence tout le cours de la vie soit un temps de foiblesse , il est un point , dans la durée de ce premier âge , où le progrès des forces ayant passé .celui des besoins , l’animal croissant , encore absolument foible, devient fort par relation. Ses besoins n’étant pas tous développés , ses forces actuelles sont plus que suffisantes pour pourvoir à ceux qu’il a. Comme homme il seroit très-foible, comme enfant il est très-fort.
D’où vient la foiblesse de l’homme ? de l’inégalité qui se trouve entre sa force et ses désirs. Ce sont nos passions qui nous rendent
* Une lettre de Rousseau à madame Latour de Frauqucvillc , du 26 septembre 17C2, nous apprend que ce jeune homme e’toil le comte de Gisors, fils unique'du mare'chal de Bellc-Jsle; et qui dès lors donnoil en effet les plus grandes espérances. 11 en sera encore parlé ciaprès au Livre v.