LIVRE I
qui doivent le rétablir. Ce n’est que par degrés qu’on peut les ramener à leur vigueur primitive. Commencez donc d’abord par suivre l’usage, et ne vous en écartez que peu à peu. Lavez souvent les enfants ; leur malpropreté en montre le besoin. Quand on ne fait que les essuyer, on les déchire- mais à mesure qu’ils se renforcent, diminuez par degrés la tiédeur de l’eau , jusqu’à ce qu’ enfin vous les laviez été et hiver à l’eau froide et même glacée. Comme pour ne pas les exposer il importe que cette dimunition soit lente, successive , et insensible , on peut se servir du thermomètre pour la mesurer exactement.
Cet usage du bain une fois établi ne doit plus être interrompu , et il importe de le garder tout sa vie. Je le considère non-seulement du côté de la propreté et de la santé actuelle, mais aussi comme une précaution salutaire pour rendre plus flexible la texture des fibres, et les faire céder sans effort et sans risque aux divers degrés de chaleur et de froid. Pour cela je voudrois qu’en grandissant on s’accoutumât peu à peu à se baigner quelquefois dans des eaux chaudes à tous les degrés supportables , et souvent dans des eaux froides à tous les degrés possibles. Ainsi, après s’être habitué à supporter les diverses températures de l’eau , qui , étant un fluide plus dense , nous touche par plus de points et nous affecte davantage, on deviendroit presque insensible à celles de l’air, vm. fi
Au moment que l’enfant respire en sortant de ses enveloppes, ne souffrez pas qu’on lui en donne d’autres qui le tiennent plus à l’étroit. Point de têtières, point de bandes, point de maillot ; des langes flottants et larges , qui laissent tous ses membres en liberté , et ne soient ni assez pesants pour gêner ses mouvements , ni assez chauds pour empêcher qu’il ne sente les impressions de l’air I. Placez-le dans un grand berceau 2 bien rembourré , où il puisse se mouvoir à l’aise et sans danger. Quand il commence à se fortifier, laissez-le ramper par la chambre; laissez-lui développer , étendre ses petits membres ; vous les verrez se renforcer de jour en jour. Comparez-le avec un enfant bien emmaillotté du même âge, vous serez étonné de la différence de leurs progrès 3.
1 On étouffe les enfants dans les villes à force de les tenir renfermés et vêtus. Ceux qui les gouvernent en sont encore à savoir que l’air froid, loin de leur faire du mal, les renforce, et que lair chaud les att’oiblit, leur donne la fièvre , et les tue.
1 Je dis un berceau , pour employer un mot usité faute d’autre , car d’ailleurs je suis persuadé qu il n’est jamais nécessaire de bercer les enfants , et que cet usage leur est souvent pernicieux.
3 « Les anciens Péruviens laissoieni les bras libres aux » enfants dans un maillot fort large : lorsqu ils les en ti- - voient , ils les mettoicnt en liberté dans un trou fait en » terre et. garni de linges, daus lequel ils les descendoieut » jusqu’à la moitié du corps : de cette façon ils avoient