‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 17 sur 64 · livre i m · texte numérisé non relu

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et demandent du soulagement Or, tant qu'ils sont éveillés, ils ne peuvent presque rester dans un état d'indifférence ; ils dorment ou sont affectés*

Toutes nos langues sont des ouvrages de l'art. On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes ; sans doute, il y en a une, et C'est celle que les enfants patient avant de savoir parier. Cette langue n'fcât pas articulée, mais elle est accentuée, sonore, intelligible. L'usage des nôtres nous l'a fait négliger au point de l'oublier tout a fait. Etudions les enfants, et bientôt nous îa rapprendrons auprès û*%ux. Les nourrices sont nos maîtres dans cette langue ; elles entendent tout ce que éiseni leurs nourrissons, elles leur répondent elles ont avec eux des dialogues très bien suivis ; et quoiqu'elles prononcent des mors, ces mots sont parfaitement muiïies ; ce n'est point le se un mot qu'ils entendent, mais l'accent dont H est accompagné,

Au tangage de la voix se joint celui au geste, non moins énergique. Ce gesie n'est pas dans les faibles mains des enfants, il est sur leurs vil II est étonnant com-

bien ces physionomies • mal formées ont déjà d'expression ; leurs traits changent d'un instant à l'autre avec une inconcevable rapidité ; vous y voyez le sourire, te désir, l'effroi, naître et passer cornue autant d'éclairs ; à chaque fois vous croyez voir un autre visage. Ils ont certainement les muscles de la face plus mobiles que nous. En revanche leurs yeux ferma ne disent presque rien. Tel doit être le genre de ïturs signes dans un âge où Ton n'a que des besoins corporels ; l'expression des sensations est dans les grimaces, l'expression des sentiments est dans ies regarc

Comme mrhe est la misère et la

faiblesse, ses "premier . t la plainte et les pleurs*

L'enfant sent* ses besoins et ne les peut satisfaire ; il implore le secours d'autrwi par des cris; s'il a faim ou

Moins sa • >n, plus il de-

mande fréquemment qu'on la change, il n'a ■ parce qu'il n'a, pour ainsi dire, qu'une sorte de mal-être:

ns l'imperfection de ses organes il ne d leurs impressions diverse* ; tons les maux ne forment pour lui qu'une sensation de dots leur.

De ces pleurs, qu'on croirait si j)gu dignes d'attention, naitle premier rapport de l'homme à tout ce qui l'envi-

m ÉMUE:

j&ftcig : H$ a( fcxg& la», dernier anneau çls ceiLe ïoxigwë $$&îp9 dont Fordre social est formé. :

. Quand l'enfant pleure, il est mal à son aise, il a quelque besoin qu'il ne saurait satisfaire ; on examine, on cherche ce besoin, on le trouve, on y pourvoit Quand on ne te trouve pas ou quarrf on n'y peut pourvoir, les pleu?3 continuent, on en est importuné ; on flatte l'enfant pour ?e faire taire, on ie berce, on lui chante pour l'endormir : s'il s'opiniâtre, on s'impatiente, on îe menace ; des nourrices brutales le frappent quelquefois. Voilà d'étranges leçons pour son entrée à la vie.

je n'oublierai jamais d'avoir vu un des incommodes pleureurs ainsi frappé par sa nourrice. Il se tut sur-lechamp, Je le crus intimidé, je me disais : ce sera une ame servile d$nt on n'obtiendra rien que par la rigueur. Je me trompais ; le malheureux suffoquait de colère, il avait perdu la respiration, je te vis devenir violet. Un moment après vinrent les cris aigus ; tous les signes du ressentiment, • de la fureur, du "désespoir de cet âge, étaient dans ses accents, je craignis qu'il n'expirât dans cette agitation. Quand j'aurais douté que le sentiment du jiis&e «t de l'injuste fût inné dans le cœur de l'homme, teet exemple seul Saurait convaincu, je suis sûr qu'un tison ardent tombé par hasard sur la main de cet enfant lui' eût été moins sensible que ce coup assez léger, mÊ$ Sonné dans l'intention manifeste de ralfensëï.

Cette disposition des enfants à Femportement, au dépîf^ h îa colère, demande des ménagements excessifs. Bœrltâa* tte pense que leurs maladies sont pour la plupart de In classe des convulsives, parce que la tête étant- proportionnellement plus grosse et le système des nerfs plus étendît que dans les adultes, îe genre nerveux est plus susceptible d'irritation. Eloignes é*euz avec le plus grand soin tes domestiques qui les agacent, les irritent, les impatientent ; ils leur sont cent fols plus dangereux, plus funestes que les iniures de l'air et des saisons. Tant que les enfants ne trouveront de résistance que dans les choses et Jamais dans les volontés, ils ne deviendront ni mutins ni colères, et se conserveront mieux en santé. C'est ici uns des raisons pourquoi les enfants du peuple, plus libres, plus indépendants, sont généralement moins infirmes, moins délicats, plus robustes, que ceux qu'on prétend mieux élever en les contrariant sans cesse ; mais il faut songer toujours qu'il y a bien de la différence entre leur obéir et ne les pas contrarier.

Les premiers pleurs des enfants sont des prières : si Fm itfy prend garder <eltes deviennent bientôt dm ordres;

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