LIVRE PREMIER
Tout est bien sortant- des mains de l'auteur des choses, tout dégénère entre les ina?ns de l'homme, ii force Vxn% terre à nourrir les productions d'une autre., un arbre à porter les fruits d'un antre ; ii cnèie et confond tes cilmats, les éléments, les saisons ; Il mutile son chien, son cheval, son esclave ; il bouleverse tout, il défigure tout, tl aime la difformité, les monstres ; ii ne veut rka tel quz l'a fait la nature, pas même l'homme ; il ie fa&t dresser pour lui comme un cheval de manège ; ii iî faut contourner à sa mode comme un arbre de soq Jardin.
Sans cela, tout uaiï plus mal encore, et rsotre espèce ne veut pas être façonnée à demi. Dans Vèî&t eu aoat désormais les choses, un homme abandonné dès sa nais» Sànee à lui-même parmi l'es autres serait le plus défiguré de tous. Les préjugés, l'autorité, ta nécessité, l'exempt toutes îes institutions sociales, dans lesquelles tîotrs notis trouvons . submergés, étoufferaient en ksi la nature, et m* r»ettr.aicrit rien à la place. Elle y serait comme an ar» bffesèau que le hasara fait naître au milieu d'un chernhi et que les passants font bientôt périr, en le heurtant d$ toutes parts et le pliant clans tous les cens.
C'est à toi q\)2 je m'adresse* tendre et prévoyants mère (I), qui sus l'écarter de la grande .route, et garan*
i. La première éducation est celle qui importe !e plus : et cette première éducation appartient incontestablement slvz femmes : &\ fauteur de la nature eût voulu qu'elle appartint
aux komises, il leur eût duané du laii po - nourrir les eal'^at*
tîr l'arbrisseau naissant du cnoc des opinions humaines ! Cultive, arrose 'la jeune plante avant qu'elle meure; ses fruits seront un jour tes délices. Forme de bonne heure une enceinte autour de l'âme de ton enfant : un autre en peut marquer le circuit, mais toi seule y dois poser la barrière (1).
On façonne les plantes par îa culture, et les hommes par l'éducation. Si l'homme naissait grand et fort, sa taille et sa force lui seraient inutiles jusqu'à ce qu'il eût appris à s'en servir ; elles lui seraient préjudiciables, en empêchant les autres de songer à l'assister (2) ; et, abandonné à lui-même, il mourrait de misère avant
Parles donc toujours aux femmes, pnr préférence, dans vos traités d'éducation ; car, outre qu'elles sont à portée d'y veiller de plus près que les hommes, et cm'eîles y influent toujours davantage, le succès les intéresse aussi beaucoup plus, puisque la plupart des veuves se trouvent presque à îa saerci de leurs enfants, et qu'alors ils leur font vivement sentir, en bien eu en mal, l'effet de la manière dont elles les ont élevés. L®s lois, toujours si occupées des biens et si peu des pef*« g^rmnee, p&ree qu'elles' ont pour objet la paix et non la vertu, &£ clanne»nt pas assef d*autorité aux mères. Cependant leur £tt\t est fins sûr que celui des pères, leurs devoirs sent plus pénibles i leurs soins importent phi& au ben ordre ce îa famille ; gêné* ntlemeat elles ont pltss d'attachement pour les enfants. ïl v © de® occasions eu un fiî* qui manque de respect à son pèr$ §M*ut, es $»e3qu$ sorte, être excusé mais si, dans qt?e!que occat* sien que €€ fût, un enfant était assez dénaturé pour ea snfcsquor à sa mère, à c@!le qui !*a porté dans ëon sein, Qui Fa setsrri de son lait, $ui, durant des années, s?est oubliée ellemême pour ne s'occuper que de lui, on devrait . se hâter é*étouffer ce misérable comme un monstre indigne dd voir le jour. Les mères, dit-on, gâtent leurs enfants. En cela sans doute elles ont tort 3 mais moins de tort que vous peut-être ^ui les dépraves. La mère veut que son enfant soit heureux, çu'iî îe soit dès à présent. Ea cela elle a raison : quand elle se trompe sur les moyens, il faut l'éclairer. L'ambition, Favarice, la tyrannie, la fausse prévoyance des pères, leur négligence, leur dnre insensibilité, sont cent fois plus funestes aux enfants que l'aveugle tendresse des mères, Au reste, il faut expliquer îe sens que je donne à ce nom de mère, et' c'est ce qui sera fait ci-après.
î. On m'assure que M. Formey a cru que Je voulais ici parler de ma mere, et qu'il l'a dit dans quelque ouvrage. C'est Se moquer cruellement de M. Formey ou de moi.
s. Semblable à eus à l'extérieur, et privé de îa parole aissi «a« èm idées qu'elle exprime, il serait hors d'état de leur ifer-e ê&km?hr% le h^^in qu'il aurait d« Imm attetsff, et m&a m. kâ a« ïiajp msr ?*®?ctt Cïg beçois*