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ile vos soins. Bientôt ïî deviendrait entre vos mains îe pua s$gs d©s hommss ; et en commerçant par ne rlsn ïaire .vous auriez fait un prodige d'éducation.
Prenez le contre-pied de l'usage, et vous ferez presse toujours bien. Comme on ne veut pas faire d'un enfant un enfant, mais un docteur, les pères et les maîtres n'ont {amais assez tôt tancé, corrigé, réprrnandé, flatté, menacé, promis, instruit, parlé raison. Faites mteux, soyez raisonnable, et ne raisonnez point avec votre élève, surtout pour lui faire approuver ce qui lui déplaît ; car amener ainsi toujours la raison dans les choses désagréables, ce n'est que la lui rendre ennuyeuse et .LT' décréditer de bonne 'heure dans un esprit qui n'e&t pas encore en &%%$ de l'entendre. Exerces son corps, ses organes, ses sens, ses forces, mais tenez son âme oisive aussi longtemps qtfil se pourra. Redoutez tous les sentiments antérieurs su jugement qui les apprécie. Retenez, arrêtes les impressions étrangères ; et pour empêcher le mal de naître, ne vous pressez point de faire le bien, car Il n'est jamais tel que quand la raison l'éclairé. Regardez tous les délais comme des avantages ; c'est gagner beaucoup que d'avancer vers îe ternie sans rien perdre ; laissez mûrir l'enfance dans les enfants. Enfin, quelque leçon leur devient-elle nécessaire? tardez-vous de. .la "donner aujourd'hui si vous pouvez différer jusqu'à demain sans danger.
Une wire considération qui confirme l'utilité de cette méthode, est celle ûu génie particulier de l'enfant, qu'il faut bien connaître pour savoir quel régime 'moral lui convient. Chaoue esprit a sa forrnp nronre, selon laquelle U a besoin d'être gouverné ; et iî importe au succès d soins qu'on prend qui) soit* gouverne par cette forme, et non par une autre. Homme prudent, épiez longtemps la nature," observez bien votre élève avant de lui dire le- premier mot ; laissez d'abord le germe de son caractère en pleine liberté de se montrer, ne le contraignez en quoa que ce puisse être, afin de le mieux voir tout entier. Pensez-vous que ce temps de liberté soit perdu pour lui ? tout au contraire, il sera îe mieux employé, car c?cst ainsi que vous apprendrez à ne pas perdre un seul moment dans un temps plus précieux, au Heu que si vous .commencez d'agir avant de savoir ce qu'il faut faire, vous agirez au hasard ; sujet â vous tromper, 0 faudra revenir sur vos pas, vous serez plus éloigné du but que si vous eussiez* été moins pressé de l'atteindre. Ne faites donc pas comme l'avare qui perd beaucoup pour ne vouloir
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e. Sàçrifc dans !e premier âge un temps que
vous regagnerez avec usure dans un âge plus avancé. Le sage médecin ne donne pas étourdtmeni des ordonnances à la première vue, mais iî étudie premièrement le tempérament du malade avant de fui rien prescrire, Il cotîmence tard a le traiter, mais iî le guérit, tandis qut le médecin trop pressé le tue.
Mais où placerons-nous cet entant pour l'élever comme un être sensible, comme an automate ? Le tiendronsnous dans le ..globe de la ftjne, dans une île déserte-? V écarte rons-nous de tous tes humains ? N'aura-t-iî pas continuellement "dans le monde le spectacle et l'exemple des passions d'autrei ? Ne verra-t-ÏJ .jamais d'autres enfants de son âge ? Ne vçtra-t-ilpas ses parents, ses vdans, sa nourrice» sa gouvernante* son raquais, son gou-* Wtti&at même, qu!, après tout, wo- -sera pas un ange ?
Cette objection est forte et solide. Mais vous ai-Je dit q'ne ce fût une entreprise aisés qu'une éducartidn naturelle? O Sommés, est-ce ma fente si vous avez rendu difficile totit ce qvî est bien ? je sens ces difficulté^, j'en conviens peut-être sont-elles insurmontables. Mais toujours esft-3 sûr qu'en s'sppîîquant à les prévenir on les prévient jusqu'à certain point. Je montre le but qulî faut qu'on se propose ; je ne dis 'pas qu'on puisse arriver, mais je dis que Celui qui en approchera davantage aura !e mieux réussi.
Souvenez-vous qu'avant d'oser entreprendre de former un homme iî faut s'être fait homme soi-même *; il faut trouver en soi l'exemple qui! se doit proposer. Tandis que l'enfant est encore sans connaissance, on a te temps de préparer tout ce qui rapproche à ne frapper ses premiers regards que des objets qui lui convient de voir. Rendes* \ ous respectable à tout le «"non de ; commences par vous faire aimer afin que chacun chercto a vous complaire* Vous ne serez point maître de l'enfant si vous ne Têtes de tout et qui l'entoure ; et cette autorité ne ser'a jamais suffisante Si elle n'est fondée sur l'estime de la vertu. !î ne s'agît point d'épuiser sa bourse et de verser l'argent à pleines mains ; jfe n'ai jamais vu que f argent fit aîtfîer personne. Il ne faut point être avare et dîïr, ni plaindre la misère qircn peut soulager, maïs vous aurez beau rrir vos coffres., si vqîis tfopvrez aussi votre oceur, celui ces autres vous restera toujours fermé. C'ert votre tempa ■ e son* vo3 soins, vos affrétions, c'est vou^-fnfitfte qu'il faut donner, car, quoi que vd ' ' £ii f^lm, ©n ê&tA toujours qu.3 vt>ife argent fl'eiat permt vous, fi y a 8és t$*
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ses dkcoiiîB, s une miùtM qtnfa #e
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ïéf «a effet ; ef s^ rori n@ &$ corrige pas de? vk;e? an s*atetiendra du scandale ; ç*£st tout .
potir notre objet.
&ae$ d g votts er s fautes : ienaal s nrempt i
qise celui q^e v« ïts sen
toujours moralistes, tonjou
vous îeo^ donnez, la croyant oonné, vous tajr en c â la fois t li : .
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LIVRÉ II g?
Is?ssez~!e faser, questionner, extravaguer à son aise, eï voiiS aile?: être sus -,..■. du tari ;3 qu'ont pris vos
fuïmnmmmlfè dajte ^pii $$prft? -- confond togt, 0 mth VtXW WtWb dépoli quelquefois
vous réduit â ^Oïis taîre,, ou k te sr dei£e silence d£
la p tant k parler? Si jamais l!
remporte es qu'il § en aperçoive, adieu S'édu*
Caîk lent, if ne cherche plus à
construire, 8 ! 2 à vous réfuter*
Maîtres £é;ës, soyez si creta, retenus ; mie vous
hâtez jamais d'agir que pour empêcher d'agir tes autres | je le répéterai sans s, renvoyez, s'il se peut, une bonne instruction, de peur d'en donner une mauvaise. Sur ceti$ terre dont la oatore eût fait îe pris aradis de Vliamm?*
lignez cfevcrcei' {'emploi du tentateur en vendant donner â l'innocence l 1 bien et du niaf ; ne pou*»
tors par des exemple, boîtier I iprimet ces
escempfea riN : no • ■::,. 11 rf cawfeni
Les > produisent on grand effet siiî
fetr. li en est témoin, parce qu'eîtea ont des signes
très sensi'hi ■ et te forcent d5y faire atten*
Sans ses emporte* tttùu^, qu*Â est hnpossfMe de ne pas s'en apercewîf* étant? â portée. Hne fatal | ï inder g] c'est tk pour on pédn*
gogue r an d'entamer on beau discours: Eh S poînt de
s tput, pas Un se^l mot, Làta venir f'e I ne manquera pes
La réponse est sîmnte, elle se tire des oWets mêmes n ?nt s^s sens. Il volt un spèsi
enflammé, effectuants, un geste "nenaçant, " îl
entend des cris sues qoe le corps n*est pas dans
jon asï rient, sans affectation, san'sr
itère. Ce pauvre ; iî«de, il est dans tin
: Hre* occasion de fut ijFnftner mats en peu de mots* «ne îdêt? des- rnaiadfes et de leurs effets ; car cela a 3 la nature, et c'est un des
s de îa r 0 se doit sentir assujetti
pas fatrsse, fï ne GoîH rtrt&fae répugnance S
5, qu*\î$ regardera comme
- j'une p&rettîe notion»-
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: de morale 7 voyçg dawsj
rîsê, si Jamais vous y êfës cbiitrâïiit» à traiter un enfant Lrrjtiïi comme un enfant malade; à renfermer . dans sa chambre, dans son lit s'il îe faut ; a te tenir au régime, à l'effrayer lui-mêtne de ses vices naissants, à les lut rendre odieux* et redoutables, sans que jamais il puisse regarder Cfcsnme un châtiment la sévérîié dont vous €erez peut-être forcé d'user pour l'en guérir. Que s'il vous arrh^ à vouspîftne, dans quelque moment de vivacité, de sortir du sang-froid et de îa^iodération dont vous devez faire votre éîiiûe, ne cherches point à lui dêenfeer votre faute ; maïs dites-? uî franchement, avec un tendre reproche : mon ami, vous m'avez fait ma!.
Au reste, 0 importe que foutes îes naïvetés que peu! produire dans wi enfant U simplicité des Idées dont i\ est nptfm, m soient Jamais relevées en sa préfeënt% ni citées çfe tnant&re qtfïl puisse rapprendra Un éclat de ttre !ndi$pfet peut gâter le travail de six mois, et faire- un tort îrre» çarâble pour toute la vîe. fè ne puis assez redire que pour être fë maître de l'enfant' tl faut être son propre martre* 'Jb me ^présente mon petit Emile, au fort d'une rîxe entre (feirs- vtfféînes, 6'avançant vers la plus furieuse,, et fui -disan* ffxm ton de commisération : Ma bonne, vous ères malade ; fén stïfs fitoi fëV&à A coup sûr cette saillie ne restera pas sans effet sur les spectateurs, ni peut-être sur les actrices. &zns rire, sans îe gronder, sans le louer, fe Pfcnrnène de gfê ou de force avant qu'il puisse apercevoir cet effet, on i|u moins gvznî qu'il y pense, et fe me h à te de f'e distraire. mr d'autres objets qui le îul fassent bien vite oublier.
'Mon dessein n'est point d'entrer dans tous îes détails, niais seulement dteposer les maximes générales, eî de donner des exemples dans les occasions difficiles Je- tiens pour impossible qtf su sein de Ta société Von nuise amener un enfant a fàf;e de douze ans» sans !ûl donner queïaue idée des rapporte (fhomme .a îlofrrme, et de îa moralité dts actions ftutesïnes. tî suffit qu'on s'armltqtre à lu? rendre ces notions nécessaires le plus tard qu$\1 sç ooutra, e! Î'iue. quand elles dépendront înêvftfttifes; on îes borne â 'utilité présente, seulement vnur qu'fl ne se croie pas îe piètre de fout, et qu'il ne fasse pas m niai à sufrm sans ëcropute er sans îe savoir. Fî y a des caractères doux eî ffentofiles qu'on peut" mener loin sans danger dana leur premfère frmorence : mais îî y a aussi cfés naturels violents dont la îérodtë s? dévetonpè de b*niië îœure, ot qu'il faut & îtôter de faire hommes pour n'être pas obligés tfe las gbjutnar<