‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 35 sur 64 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

primitifs ce concentrent en nôûs-tnêfîies ; tous nos fitàto-

ireméotB naturels se rapportent d'abord à notre conservation et à notre bien-être. Ainsi le premier sentiment de fa justice ne nous vient pas de celle que nous devons, ir.zis de ce!?e qui nous est due ; et C'est encore un des contresens des éducations communes, que parlant d'abord aux enfants de leurs devoirs, jamais de leurs droits, on commence par feur âne fe contraire de ce qu'il faut ; ce qu'ils ne sauraient entendre» et ce qm ne peut tes intéresser.

Si f avais donc à conduire un de ceux que je viens de

supposer, je me dirais : un enfant ne s'attaque pas aux personnes (1), niais aux choses; et bientôt il apprend par l'expérience à respecter quiconque le passe en âge et en force* maïs les choses ne. se défendent, pas eiles-mêmes, La fifÇmîère rdee qifO vaut lui donner est donc nioîns Celle de la fibèrEé -qtie de Ta propriété ; et pour qui] p^dsse #iiôîr ceite fdéfc, fl; faur qu'il aït qudqu^ chose en propre. Lui citer ses fràrdteé* ses meubles, ses jouets, c'est ne lui rien aire, puisque, bi^n xiu'tt dispose de ces choses, il ne szit nî pourquoi ni comment il tes a. Lui dire qu'il tes a parce qu'on les lui. a données, c'est ne faire .guère ïïîîcot, car pour donner il faut avoir : voilà donc une propriété antérieure â îa sienne, et c'est fe principe de îa propriété çu*on lui veut expliquer ; sans compter qii2 !e don est une convention, et qu^ l'enfant ne petii savoir encore ce que c'est que convention (2). Lecteurs, remarques, je vczs prie, dans cet exemple et dans cent mille -autres, comment, fourrant dans îa tête des enfants des mots qui n'ont aucun sen3 à leur portée, en croit pourtant les avoir fort bien instruits.

ïl s'agit donc de remonter à l'origine de îa propriété,

|+ Ou fie doit Jamais 8©ttflFrîr qu*uti enfant se feue »u-£

grandes personnes comme avec ses inférieurs, tri même comme $vjee 6e&' égau# ^'îj osait frapper sérieusement ç'ueîçu'cn, fûtce son laquais, fut-ce te fourreau, faîtes qu*oa ïul rende toujours ses coups avec usure, et de manière & tu 5 ôter l'envie d'y revenir. J'âî vu d'imprudentes gouvernantes animer îa jfnutînerîe d'un enfant, Pesrerter a battre, s'en taisser battra etf#>mtee3> et rîre de ses faibles coups, sans songer qu'ils étalent autant de meurtres dans l'intention du petit turleu:i, et que celui, çui veut battre étant Jeune vendra tuer étant grand.

& Voila pourquoi b plupart des enfants veulent ravoîr ce c:rih ont donné, et pleurent quand on n? îc leur veut pas rendre. Ceîfl no leur arrive plus quand ib en: bien conçu çn Suc c'enî cjîc <!i&j gculteawaut ib etfcBî slcrs ctu afcjcs*

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On vol! encore q trime explication sic \d

dans âéux pages d'écriture sera peut-être l'affaire d'un an pour îa pratique ; car, dans fa carrière -des idées morale?, en ne peut avancer trop lentement, ni trop bien s'affermir h chaque pas. Jeunes maîtres, 'pensez* je vous prie, ù ceî exemple, et sotrveiîez-voas qu'en toute: chose vos leçons doivent être plus en actions qu'en discours ; car les enfants oublient a'îsêrnent ce qu'ils ont dit et ce qu'on leur a dit, niais non pas ce qu'ils ont fait et ce qu'on leur a fait*

De pareilles instructions se doivent donner, comme jfe f aï dit plus tôt ou plus tard, selon que je naturel pateîtife eu turbuhiit de l'élève en accélère ou retarde le besoin ; leur usage est d'une évidence qui satrte aux yeux : ma-^ pont ne rien cmettre d'important dans les choses difficiles, dranons encore un exempte '

Votre enfant décote gâte lotît ce qini tbiïçlis * tfe 1$ç§ fâchez noiîii; mettez hors de sa portée ce qu'il pzvti gâter. !J bfîse les met&tes dont ï! se sert : ne vous hâtes pbfiti de lui en donner d'autres : laissë^ltJJ «sentir îe préjudice de îa privation. Il casse les fenêtres de ça chambre ; laissé? lz vent souffler sur lui nuit et jour sans vous soucier des rhumes, car tî vaut mieux qu'il soit enrhumé que fou. Ne vous plaignez jamais dos incommodités qu'il vous caus£„ niais faîtes qu'il les sente le premier. A îa fin vous faites raccommoder tes vitres, toujours sans rien dire, H les casse encore : changez alors de méthode ; dites-lui sèchement Riais sans colère : Les fenêtres sont à moi, eues ont été mises là par mes soins. ïe veux tes garantir. Pub vous l'enfermerez à fohscurtté dans un lieu sans fenêtre. A ce procédé si nouveau il commence, l'ar crier, temnêter ; personne tvs ('écoute. Bientôt U se lasse et change de ton. fî se plaint, il pêrnït ; im domestique ce présente, le mutb le vr'iz de îe délivrer. Sans chercher de prétextes pour n'en rien faire, îe domesflnne répond : fat aussi des viîrez à conserver, et s*en va Enfui, après que l'enfant aura demeure ta plusieurs Iteures. assez foti^ttîrnns pour s'y ewuvQt et s'en souvenir, Qu^Qtfnn fui suggéra cfe v&us proposer un accord au moven duquel vous lui fè'ndfî^ là liberté, et H ne casserait plus de- vitrer ; \\ ne éfeirian-* <2era oas mietr^. ïf trous îsra orier de le venir voir, vous tiendrez : iî vpus &ra sa proposition, et vous raccfpfëtf23 a l'Instant en fui disant : C'est 1res bien pensé, nous y ■/rrrnero^ tons deux : eue n'avez-vous eu oîùs tôt cette femme tcfé© ? Et puis, sans lui demander ni fjfofestatlnfl ni corrfirr^o?} dî ç*o ftfûîrïesife vnne Pern^s^rsr avpç fo1$

UVftE II &3

czî zzczïà cerfcrno sz.cïê <sf inviolable Putatif <\m si îe seraient y avait p⣧£. Quelle i$ée pensez-vous qu'il

ptmàmsuT ce proeédéj de la foi des engagements et de ïgiïî utilité? J^ suis trompé s'il y s 'sur là ferre un seul (-"vont, non déjà gâté, à l'épreuve de cette conduite, et qui è'àvtSé après cela de casser une fenêtre à dessein (î). Suivez !a chaîne de tout œ!a. Le petit méchant ne songeait guère en faisant un trou pour planter sa fève, qu'il ce creusait un cachot où sa science ne tarderait pas à la faire enfermer.

Nous voilà dam le monde in oral ; voilà la porte ouverte au vice. Avec les conventions et les devoirs naissent la tromperie et le cnetsonge. Dès qu'on peut faire ce qu'on ~c doit pas, on veut cacher ce qu'on n'a pas dû ï&lrz. Dès qu'un intérêt fait promettre, un Intérêt plus grand peut foire violer la promesse ; (1 ne s'agit plus que de La violer impunément, la ressource est naturelle? ; on se cache et Ton ment. N'ayant pu prévenir le vice, nous voici déjà dans le cas de te punir. Voilà les misères de la vie humaine qui conraencent avec ses erreurs.

J'en ai dit assez pour faire entendre qu'il ne faut t-amais infliger aux enfants îe châtiment comme châtiment, mais qu'il doit toujours leur arriver comme une suite naturelle de leur mauvaise action. Ainsi vous ne déclamerez point contre le mensonge, vous ne les punirez point précisément pour avoir menti ; mais vous fere? due tous les'Tiaiivâïs effets du mensonge, comme de n'être point cru quand on dli la vérité, d'être accusé du mal qu'on n'a point fait, quoiqu'on r/en défende, se rassemblent sur leur i$te quand ils ont menti. Mais expliquons ce que c'est que mentir pour les enfants. .

:. An reste, quand ce devoir de tenir ses engagements ce getstit pas affermi dans l'esprit de Tentant par le pends de son utilité,, bientôt Le sentiment intérieur, commençant à peindre, îe lui imposerait comme une loi de la conscience, comme un principe inné qui n'attend pour ce développer eue les connaissances auxquelles il s'applique. Ce premier trait n'est point marqué jiar la main des hommes, mais gravé dan3 nos cœurs par l'auteur de tonte justice. Qtea b loi primitive des conventions et l'obligation qu'elle impose, tout est illusoire et vain dans la société humaine: Qui ne tient que par son profit à sa promesse n'est guère plus lié Que s'il n'eut rien promis ; ou tout SU plus il en sera du pouvoir de la violer de la bisque des Joueurs, qui no tardent à s'en préVa

r que pour attendre le moment de s'en prévaloir avec plus d'avantage. Ce principe est de la dernière importance et mérite d'être approfondi ; car c'est ici que l'homme commence à se mettre en contradiction avec lui-même*

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cguÂÛ *& se troiïp&ïit à £&fc préjudice, Il est doue clair qie le rtre^ctfgs de lait irtart p^s n&ftirg] au» enfants, ^i&ls c'est ta loi ds f obéissance qui produit la nécessité cls iïïsi3tir3 parcs que l'obéissance" étant pénible, on s'en dlsp&nss «ci secret te piui qu'on peirt, et qise l'intérêt présent $%v$$m te obâtiJUent ou le reprocha l'emporte &$ l%té?$t B^grà (Pexpodeff b yéfftê. Dans F&dtecaîîca nitfur^le et M^îé~ p?>nrq.^C3 ôctsc "Dire enfant vous ttftm^**fl ? Qif a*$4ïî à vtsi» cachet ? Vous rô te rzpïvmz point, vous es te pii^tee?, d? rltn, vtftis o'exfges rien $£ 6rf. Posrqtîtn Ht Foes âffàtM) pas font es qall a fait aussi naïvement quKà son petit camarade ? !3 no peut voir à cet aveu plus de danger d'un côté que de l'autre,

Le Bsensonge de droit est n:\oios naturel encore, puisque tes promesses as faite :• s'abstenir sofii des r^:c3 ©oavcfltioflïtôfo, a-,; agitent de l^êt&î de nature et dlî^g$i# à 'la liberté. 11 y a. pkî§: tous les engagements ; .î cmzmîB serai fttttt par eux-mêmes, attendu que h VUS Donnée &e pouvant s'étendre an delà ûu présent en &'eB£Sg22?3i ils ne savent co (git'ils foui A peine Venant p&tôMil teefifîf guafid B p'èttgagg ; e^r, ne soî?^eanl qu'à rafffâife dars te moine?!? présent, towl moyen if a pss fân effet prfeetïî fiïi deviez! égal : en prernet» id^f tin temps foft&t U ne projet rien, et son kno- ^inâtfon encore Q^ÛG?m^ m mu ptânt étendu? son êti^ dte«3i temps «U^êrôntâ. SU pouvait éviter te fouet. et tenir un cornet de dragées en promettant de se Jeter demain par la tefîi^B. H «? DronwHr^il â lin^fnnf. V«flâ pQWiqff»à les lois r/aQl' aucue êgmû aux engagements

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