‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 50 sur 64 · LIVRE f · texte numérisé non relu

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occupé. Il voulut user sur moi au même empire, et se venger te jour du repos qu'il était forcé de m£ laisser la nuit. Je me prêtai de bon cœur à tout, tî je commençai par bien constater à ses propres yeux te pïaisi* que J'avais à lui complaire ; après cela, quand il lui question de le guèriî de sa fantaisie, je m'y pris autrement.

II fallut d'abord le mettre dans son tort, et cela ne fut pai diificile. Sachant quz les enfants m songent jamais qu'au présent, je pris sur lui le facile avantage de la prévoyance ; j'eus soin de lui procurer au logis un amusement que je ssvsis être extrêmement de son goût ; et, dans Se moment où je S'en vis te plus engoué, j'allai lus proposer un tour de 'promenade ; il me renvoya bien loin ; j'insistai, il ne ."n'écouta pas ; il fallut me rendra, et il nota précieusement en lui-même ce signe d'assujettissement.

Le lendemain ce fut mon imir. U s'ennuya, fy avals pourvu ; moi, au contraire, je paraissais profondément occupé. U n'en fallait pas t&nt pour te déterminer. Il ne manqua pm de venir nVarrat?ier à nusn travail pmn te mener promener au plus vite. Je refusai, il s'obstina. Non, lui dis-je, en faisant votre volonté vous m'avez appris à faire fa mienne : je ne veux pas sortir. Eh bien, reprit-il v'rvtiïïmt, je sortirai tout seul. Comme von» veudrea ; et je reprends mot? travail.

U s'habille, un peu inquiet de voir que Je le laissais faire et que je ne l'imitais pas. Prêt à sortir, il vient ?ne saluer ; je te salue, il tiche de m'alarmer par te récit d&s courses qu'il va faire ; à l'entendre, on eût cru qtf® allait au bout du monde. Sans m'émouvoir, Je lui s©#* halte un bon voyage. Son embarras redouble. Cependant il fait bonne contenance, et, prèi à sortir, il ûli à son laquais de le suivre. Le laquais, déjà prévenu, répond qv. il n'a pas te temps, et qu'occupé par mes ordre» H doit m'obéir plutôt qu'à lui. Pour te coup Penfan! n'y est plus. Comment concevoir qu'on le laisse sortir seul, lui qui se croit l'être important à tous tes autres, et pense que le ciel et la terre sont intéressés à sa conservation ? Cependant il commence à sentir sa faiblesse; il comprend qu'il se va trouver seul au 'milieu de g-ens qui ne le connaissent pas ; il voit d'avance tes risques qu'il va courir : l'obstination seule te soutient encore ; il descend l'escalier lentement et fort interdit. Il entre enfin dans la rue. se consolant un peu du mal oui lui t arriver par Pe^noir en' i rendra re&ponsafc

C'était là $u© je PatV^aa. Tarut était oreparé d'avance; e: comme t .oaft é'xiMb BSpèj» £t sotes p-;. .■**, J£

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m'étais muni du consentement do père. A peine avIïWI

fait quelques pas, qu'il entend à droite et à gauche différents propos sur son compte. Voisins» le joli monsieur ! où va-t-11 ainsi tout seul ? il va se perdre ; je veux le prier d'entrer chez nous. Voisine, gardez-vous-en-bien. Ne voyez-vous : pas que c'est un petit libertin qu'on a chassa de !a maison de son père parce qu'il ne votilait rien valoir ? û ne faut pas retirer les libertins ; laissez-le aller où il voudra. Eh bien donc, que Dieu le conduise ! je serais fâchée qu'il lui arrivât 'malheur. Un peu plus loin, U rencontre des polissons à peu près de son âge» qvA l'agacent et se moquent cfe lui. Plus il avance, plus tî trouve d'embarras. Seul et sans protection, il se volt le fouet de topt te monde, et il éprouve avec beaucoup d£ surprise eae pan na^d d^épaute et spîî p^£m®flJt tffijr ©1 fe fcgt *-f$u$ p!as reispecier,

Céffëfijdani tin Qfc mes amis, gù'fl ne connaissait poî«% et qae j'avais chargé âe veiller sur lui, le suivait pas â pss sans qu'il y prit garde, et ('accosta quand il en fui temps. Ce r6îe5 qui ressemblait à Celui de Sbrigani dans Pùurceaugnac, demandait un herome d'esprit, et fut par* faiteraent rempli. Sans rendre l'enfant timide et' craintif en le frappant d'un trop grand effroi, il lui fit si bien sentir l'imprudence de son équipée, qu'au bout d'une ûeml-heuîQ II me le ramena souple, confus, et n'osant te ver les -yeux.

Pour a^vtt le désastre de son expédition, précisément au moment qu'il rentrait son père descendait pour sortir, et le rencontra sur l'escalier, fl fallut dire d'où iî venait et pourquoi je n'étafs pas avec lui (I). Le pauvre enfant eût voulu être cent pieds sous terre. Sans s'amuser à lui faire une longue réprimande, fe père lui dit plus sèche» mmt qiîg je ne ra'y serais attendu : Quand vous voudrez sortir seul, vous en êtes le maître ; mais, comme je ne veux point d'un hanrfit dans ma liaison, quand qsia vojus arrivera, siyei spfn de n'y pi us rentrer,

Pour moi, Je le reçus sans reproche et ïsns r^ïïîerie mais avec un pea de gravité ; et ce peur qu'il Le çoupçoîîiaâè qtîe tou^ ce qui s^était paeee pétait qu'un jeu, je ae voulus poilH le i^er.eT premenéJ: le mêrne jour. Le leedeimdn je v?s avec grand ^assir qLivi1 passait avec mo? d'un air de triomphe devant tes mêmes gens qui s'étajeni moqués de lui la veille pour Farcir rencontré ieie

s, E^ este pareil o^ peu çans risque exiger «fù^ enfuit là vésrtli, xir 9 sait hier; aïers q-ta^îl n* saurait la dégrader, eu cm s'il osait dire un mensonge, Û en serait à l'ibsiant conv&inçij*

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