LIVRE 0 Î
On conçoit bien qu'il n# me menaça- plus de sortir sans
C'est par ces moyens et admirez semblables -que, durant le peu de temps que je fus avec lui, je vins à bout de lui faire faire tout ce que Je voulais sans lui rien prescrire, sans lui rien défendre, $ans serrions, sans exhortations, is l'ennuyer de îeçoîie inutiles. Aussi, tant que je pâjrlais il était contenu ; îîïàiô mon*. silence'. le tenait en crainte; éprenait que c chose n'aHait pas bien, et tou-
jours lia leçon lui venait de la chose même. Mais reverrons.
:ices continuels ainsi laissés à
h seule direction de la nature, en fortifiant. Se. eorpSy
rf abrutissent point Fesjprit, niais au contraire ifs îostnepi
en oou3 la senie espèce de raison dont îe premier âge
soit susceptible, et la plus nécessaire à quelque âge QMS
ce seit. lis nous apprennent à bien connaître, l'usage de
nos forcer !es rapports de nés corps- aux corps eayi-
rfèi.fta&t$, Vus 3 bem-menîn netnrels qui sont à
e portée et nei conviennent à nos organes. V a~Hl
pareille à celle d'un entant étïevrê tou-
xb dans lu cnanibre et sous les yeux de sa mère, 'leqn^,
e que c<qzI q&Q poids et que résistance, veut
attache* un â arbre-, bu Sdulèusr un rocher ? La
première fois que je sortis de Genève/ je ■tëSHikJS suivra'
c&eval nu galop ; je» jetais des pierres contre la mon-
Qè de Saléve, i '■< à deux îieueo de moi ; Jouet
:Ons. to enfanta d ge, j'étais nn v^érMble i&o?
A diX^fefâit an3 on apprend en pfiïlesSGpftias ce
. nt qu'un 1er ; 0 s'y pajfsau à
*:e qui ne sache se servir d'un levier mieux que le
premier mé l'Académie. Les leçons eue les
écoliers prennent entre- eux dans In cour du ooîlèga Lenr
pins utiles q [ C2 qu - r cérn
- <o : il vl regarde, il flaire, il ne reste pas im
\ ment en repos ; il ne se fie à rien qu'après aveir tout
tMiumCj tuut Umn et commençant à
rcher, eî entrant pour ainsi dire dons l'espace ûu
est qu'à la vue corrnïuae à
Tant eî an le premi< e pour observer, (
ins que lui donna la nziiurQ, et l'antre l'odorat subtil
n elle Fa doué. ( disposition, bien ou mal cultivée,
ce qui rend les ■.:; adroits eu lourds, p< ta ou
dispos, étourdis on prùdei
Lee de l*honrne é
fonc as se mesurer kysc tout ce qui Peaviroanc ei
d'éprouver dans chaque oh? et qu'il aperçoit fontes tes qualités Sensibles qui peuvent se rapporter à lui, sa première étude est une sorte de physique expérimentale relative à sa propre conversation et dont on le détourne par des études spéculatives avant qu'il ait reconnu sa place ici-bas. Tandis que ses organes délicats et fiexîbks peuvent s'ajuster aux corps sur lesquels ils doivent agir, tandis que ses sens encore purs sont exempts çTSlusioas, c'est te temps d'exercer les uns et les autres aux fonctions qui leur sont propres, c'est le tenps d'apprendre à connaître les rapports sensibles que les choses ont avec noua. Comme tout ce qui entre chus l'entendement humain y vient par les sens, la première raison de l'homme est une raison tenait ive ; c'est elle qui sert de b&fë à la raison intellectuelle : nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n'est pas nous
prendre à raisonner, c'est nous apprendre à nous servir de la raison <f autrui ; e'esî nous apprendre à beaucoup eroiic, et à ne Jamais rien savoir.
Pour exercer un art il faut commencer par s'en procurer teâ instruments ; et, pour pouvoir employer utilement ces instruments, il faut les faire assez solides posr résister à leur usage. Pour apprendre à penser, il faut donc exercer nos membres, nos sens, nos organes, qui sont tes instriments de notre intelligence ; et pour tiret tout le parti possible de ces instruments, i] faut que le corps qui \m fournit soit robuste et sain. Ainsi, loin %m la véritable raison de l'homme se forme indê-
:darrirnent du corps, c'est la bonne constitution du os qui rend tes operat^ono de l'esprit faciès et sf:
Çà montrant à 31 a doit e:v
V3té de l'enfance, j'entre dans un détail qui paraîtra ridicule. Plaidantes leçons, me ciira-t-on, qui, retombant 30ns votre critique, te bornent à es r ce que nul n'a
besoin d'apprendre ! Pou; :
Instructions qui viennent toujours d'elles-mêmes, et coûtent m peines nî soins ? de douze :
ne sait pas tout ce que vous voulez apprendre au vu et de nhis, ce que ses maîtres lui ont appris?
Messieurs, vous vous tromper ; j'enseigne à mon i m art ixè% loug. très pénible et que n'ont i pas les vôtres ; e'eSi ceîui û*ùïïq ignorant : car la sciei de quiconque ne ctoll ■ ïiû\ù\
à bien peu cie chose. Vous d ci^nce, à la bonne
heure; suri, je n ; go nn$tru.ffleat propre à i'ac-