LIVRE II Ï3S
artisan peut savoir nager aussi bien que qm que
•il Cependant, sans avoir fait son académie, un
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voyager monte à cheval, s'y tient, et s'en ecrt âss-ez pour le besoin; aiais dans l'eau, si Ton ne nage on se aoie, et l'on ne nage point sans l'avoir appris. Enfin Von n'est pas obligé de monter à cheval sous peins de la vie, au lieu que - nui n'est sûr d'éviter tin danger auquel on est si souvent exposé. Emile sera dans l'eau comme ws U terre; qm ne peut-il vivre dans tous les éléments ! Sî Ton pouvait apprendre à voler dans les aire, f en ferais un aigle; j'en ferais une salamandre, si Ton pouvait s'endurcir au feu,
On craint qu'un enfant ne se nofe en apprenant S nagef : qu'il se noie en apprenant ou pour n'avoir pas appris, ce sera toujours votre faute. C'est la seule vmûté qui nous rend téméraires ; on ne Test point quand on nfest va de personne : E:nî!e ne le serait pas quand i! serait vu de tout l'univers. Comme l'exercice ne dépend pas ûu risque, dans un canal du parc de 6on père il apprendrait â traverser l'Hellespont : maïs il faut s'apprivoiser au risque merns, pour apprendre â ne s'en pas troubler; c'est une partie essentielle de l'apprentissage dont je parlais tout â l'heure. Au reste, attentif â mtsarcr le danger h ses forces et à le pzjî&gzr toujours avec lu?, je îraurai guère d'imprudence à craindre quand je réglerai îe soin de sa conservation sur celui que je dois à la mienne,
Un enfant est moins grand qu'un homme ; îî n'a ni sa force ni sa raison ; mais il voit et entend aussi bien que lui, ou à très peu près ; U a le goût aussi sensible, quoiqu'il l'ait moins délicat, et distingue aussi bien te odeurs, quoiqu'il n'y mette pas la même sensualité. Les premières facultés qui se forment et se perfectionnent eu nous sont- les sens : ce sorti donc les premières qtffl feudnâè cultiver ; ce sont les seules qu'on oublie, ou celles qu'où néglige le plus.
Exercer les sens n'est pas seulement en faire usage, c'est apprendre à bien juger par eux, c'est apprendre, pour mml dire, à sentir ; car nous ne savons uî tondta ni voir, ni entendre, que comme nous avons apprts,
Il y a un exercice purement naturel et mécanique, qui sert â rendre ie corps robuste sans donner aucune prise au jugement : nager, courir, sauter, fouetter un sabot» lancer des pierres, tout cela est fort bien ; mais n'avons* nous que des bras et des jambes ? n'avons-nous pas . ;.