‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 57 sur 64 · MILE · texte numérisé non relu

MILE

a t «sage des prteffîens ? N'exercez clone pas seulement tes forces, exercez tous les sens qui Ses dirigent ; tirez de chacun d'eux tout le parti possible, puis vérifiez l'impression de l'un par l'autre. Mesurez, comptez, pesiez,' comparez. N'employez la force qu'après avoir estimé îa résistance t faites toujours en sorte que l 'estimation de reflet précède l'usage des moyens. Intéressez l'enfant à ne jamais taire d'efforts insuffisants ou superflus. Si vous l'accoutumez à prévoir ainsi l'effet de tous ses mouvements, et à redresser ses erreurs par (-'expérience, n'est-il pas clair que plus £i agira, plus il deviendra judicieux ?

S'agit-il d'ébranler une masse ? s'il prend Un levier trop long, il dépensera trop de mouvement ; s'il le prend trop court, il n'aura pas assez de force : l'expérience fui peut apprendre à choisir précisément îe bâton qu'il !uî faut Cette sagesse n'est donc pas au-dessus de sou âge. S'âgit-0 de porter un fardeau ? tfïl -veut le praidie aussi pesant qui! peut le porter et n'en point essaye? qu'il ne soulève, ne sera-t-il pas forcé d'en estimer le poids a îa vue ? Sait-îî comparer des masses de fnême matière et de différentes grosseurs ? qu'il choisisse entre d£S masses de même grosseur et de différentes matières ; il faudra bien qu'il s'applique à comparer leurs poids spécifiques. J'ai vu un jeune honnie, très bîtn élevé, qui ne voulut croire qu'après l'épreuve qu'un seau plein de gros copeaux de bois de chêne fût moins pesant que le même seau rempli d'eau.

No«s ne sommes pas également maîtres de l'usage de fmis nos sens. Il y en a un, savoir, îe toucher, dont l'action n'est jamais suspendue durant la veille ; il a été répandu sut îa surface entière de notre corps, comme une gfërde continuelle, pour nous avertir de tout.ee qui peut Foffenser. C'est aussi celui dont, bon gré, mal gré, nous acquérons le plus toi l'expérience par cet exercice continuel, et auquel par conséquent, nous avons moins besoin de donner une culture particulière. Cependant nous observons que les aveugles ont le tact plus sur et plus fin que nous ; parce que, n'étant pas guidés par la vus, ils sont forcés d'apprendre à tirer uniquement du premier sens les lugemtnH que nous fournit l'autre. Pourquoi donc ne nous exerce-t-on pas à marcher conrae eus dans l'obscurité, à connaître les corps que nous pouvons atteindre, à luger des objets qui nous environnent, à faire, £$i un ffliot, de m£î et sans lumière, tout ce qu'ils font dœ pas et £3&s î*zm S T^soS aa» b uoi&a lait œ^< fp$m

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